Education Bingi : quatre classes de l’EP Kitaviro enfin toiturées, mais le chantier reste inachevé Admin Admin10 octobre 20260350 views À Bingi, chef-lieu de la chefferie des Batangi, dans le territoire de Lubero, l’École primaire Kitaviro amorce sa reconstruction grâce à l’appui d’une personne de bonne volonté. Quatre de ses six salles de classe ont déjà été couvertes de tôles, après les graves dégâts causés par une attaque aérienne avant septembre 2025. Malgré cette avancée, les besoins restent considérables pour permettre aux élèves d’étudier dans des conditions acceptables. Plus d’un an après la destruction de ses infrastructures scolaires, l’École primaire Kitaviro, située sur la colline Kilambo, à l’ouest de Bingi, tente de se relever. Construite en matériaux semi-durables, cette école a subi d’importants dégâts lors d’une attaque aérienne survenue avant septembre 2025. Depuis, les élèves ont été délocalisés à l’École primaire Lukuka, un établissement voisin où ils poursuivent les cours dans des conditions difficiles. Actuellement, près de 320 élèves, dont 166 filles, fréquentent l’EP Kitaviro dans les installations de l’EP Lukuka, où les cours sont organisés durant les heures de l’après-midi. Une situation qui complique leur apprentissage et perturbe leur rythme scolaire. Toutefois, des signes de reconstruction commencent à apparaître. Grâce à l’intervention d’une personne de bonne volonté, quatre des six salles de classe que compte l’établissement ont déjà été couvertes de tôles. Une aide saluée par le directeur, Kambale Mirevo, qui rappelle néanmoins l’ampleur des dégâts subis. « Ces tôles nous ont déjà permis d’ériger quatre salles de classe. L’avion a tout détruit : le bureau, les latrines et les pupitres. Il ne restait que l’emplacement. L’assistance nous a déjà aidés, même s’il reste encore beaucoup à faire. Il n’y a pas de main-d’œuvre. Avec la gratuité de l’enseignement, nous manquons de moyens pour avancer. Avec seulement les tôles, nous ne savons pas comment les mettre en valeur », explique-t-il. Au-delà des infrastructures détruites, les conditions dans lesquelles les élèves suivent les cours constituent une autre source de préoccupation. L’organisation des enseignements durant l’après-midi représente une difficulté particulière, notamment pour les plus jeunes, qui peinent à s’adapter à cet horaire. Face à cette situation, le directeur de l’EP Kitaviro lance un appel à la solidarité et sollicite l’intervention des autorités publiques ainsi que des organisations humanitaires. « Les enfants souffrent. Imaginez : un enfant de première année ne sait pas encore lire l’heure. Il y a beaucoup de difficultés pour étudier l’après-midi. Que l’État, les humanitaires et les hommes de bonne volonté viennent à notre secours », plaide Kambale Mirevo. Malgré les premiers progrès enregistrés, la reconstruction de l’école demeure inachevée. Outre les deux salles de classe qui restent à couvrir, les travaux nécessitent encore des bambous et des roseaux pour soutenir les murs avant leur plâtrage, ainsi que des planches pour aménager les portes et les fenêtres. Le bureau administratif et les latrines doivent également être reconstruits. Ces besoins témoignent de l’ampleur des efforts encore nécessaires pour permettre à l’établissement de retrouver ses propres installations et d’accueillir les élèves dans un environnement propice à l’apprentissage. À Bingi, la reconstruction de l’EP Kitaviro constitue un premier pas vers le rétablissement des conditions normales d’apprentissage, mais le chemin reste long. Alors que des centaines d’enfants continuent de suivre les cours dans les locaux d’une autre école, l’appui d’une personne de bonne volonté a permis d’amorcer les travaux. La mobilisation de l’État, des organisations humanitaires et des partenaires solidaires apparaît désormais essentielle pour achever la reconstruction et garantir aux élèves un cadre scolaire adapté. Le cas de l’EP Kitaviro rappelle également la précarité dans laquelle évoluent plusieurs établissements scolaires du territoire de Lubero, confrontés au manque d’infrastructures adéquates. Ghislain Siwako