Santé Ebola en RDC : à Kayna, l’alerte est lancée contre la consommation d’animaux trouvés morts Admin Admin30 mai 20260320 views Alors que la maladie à virus Ebola continue de menacer plusieurs zones de l’Est de la République démocratique du Congo, les habitants tentent de s’adapter aux mesures de prévention sanitaire. À Kayna, dans le quartier Lumumba, une famille et un vétérinaire de la place sensibilisent la population sur les risques liés à la manipulation et à la consommation des animaux domestiques morts. Une situation qui inquiète davantage les ménages vivant de l’élevage familial. À l’entrée de la cuisine familiale, une dizaine de cochons d’Inde et une poule s’agitent bruyamment, comme pour réclamer leur nourriture après une longue journée. Depuis les premières heures du matin, cette famille composée de neuf personnes, dont sept enfants, s’était rendue aux champs pour les travaux agricoles. Ce n’est qu’en soirée qu’elle est rentrée avec des fourrages destinés aux bêtes ainsi que du bois de chauffage pour préparer le repas du soir. Dans ce foyer du quartier Lumumba, la mère de famille raconte les pertes enregistrées ces dernières semaines parmi les animaux domestiques, dans un contexte marqué par la résurgence d’Ebola dans la région. « J’ai des cochons d’Inde et des poules. Vingt-cinq dindes sont mortes et nous les avons jetées. En cette période d’Ebola, on nous demande de ne pas les consommer », explique-t-elle. Face à cette réalité, le vétérinaire Kambale Dieu appelle la population à éviter tout comportement à risque. Selon lui, la consommation de viande provenant d’animaux morts peut exposer les familles à de graves dangers sanitaires. « Pour la question de l’animal qui meurt à domicile, surtout pendant cette période de la maladie à virus Ebola, en tant que vétérinaire, je ne peux pas conseiller à la population de cuire cette viande et de la consommer. Chaque micro-organisme a sa façon de survivre. La température utilisée pour cuire les aliments ne détruit pas toujours toutes les bactéries. Il y a donc des risques. Certes, les difficultés socio-économiques poussent parfois les familles à agir ainsi, mais il faut éviter un danger sanitaire qui peut être fatal », prévient-il. Dans plusieurs localités de l’Est de la RDC, les autorités sanitaires multiplient les campagnes de sensibilisation afin de limiter la propagation du virus. Les habitants sont notamment invités à signaler rapidement tout cas suspect et à éviter le contact avec les animaux morts. À Kayna comme ailleurs dans les zones touchées par Ebola, la vigilance reste indispensable. Malgré les difficultés économiques auxquelles font face les familles, les spécialistes de santé rappellent que la prévention demeure la meilleure arme contre cette maladie meurtrière. Une bonne gestion des animaux morts et le respect des consignes sanitaires peuvent contribuer à sauver des vies. Console Sindani