Goma : la presse écrite et en ligne face aux défis de conservation des archives

Suite au manque des outils et structures nécessaires à la conservation des archives dans le secteur des Médias en République démocratique du Congo, la presse écrite et en ligne vivent dans la crainte permanente due à la précarité technologique.

L’essor de Nouvelles technologies d’information et de la communication dans les paysages médiatiques Congolais, depuis un certain temps n’aura pas suffi pour garantir les médias : la presse écrite et en ligne peine encore face à plusieurs défis du point de vue conservation des archives.

D’après Guerschom Mohamed, journaliste à Agoragrands, « les articles en ligne sont conservés dans des bases de données et la problématique, ce que l’on ne sait pas où se trouve exactement ces bases de données ».

Et d’ajouter : « Un jour, s’il y a perte d’éléments sur le site, on ne saura pas chez qui se plaindre, ni la personne qu’on pourra contacter. Le concepteur du site, on a chaque fois l’impression que lui-même ne sait pas où se trouve la base de données et c’est ce qui crée un grand défi », s’est plaint le journaliste.

Pour les éditeurs au Nord-Kivu, par exemple, les défis technologiques du pays occasionnent également le problème économique dans la production de leurs journaux, a indiqué le lundi 27 octobre M. Okito Teme Papy, éditeur du journal écho d’opinions.

« Le premier défi que nous avons, c’est d’abord le manque d’imprimerie, surtout dans la zone où nous sommes dans l’Est de la République Démocratique du Congo », a déploré Papy Okito.

Pour suppléer le manque d’imprimeries à Goma particulièrement et dans la province, en général, les éditeurs Congolais de l’Est font recours aux pays voisins, notamment l’Ouganda dans l’objectif de produire leurs journaux, mais l’opération est difficile en terme de coût.

« Le deuxième défi, c’est par rapport à la conservation des articles. Quand nous mettons les articles en ligne, nous avons vraiment le problème de payement des sites et cela nous arrive de fois que nos hébergeurs puissent nous couper de signal et qui, par conséquent, occasionne la perte même de giga d’articles qui étaient déjà conservés », regrette l’éditeur.

Au niveau de l’archivage, les professionnels de la presse écrite relèvent également le manque des bibliothèques et musées nationaux à Goma, où ils pourraient toutefois garder les archives de leurs journaux.

Selon Okito Teme Papy, la mauvaise conservation des archives occasionne soit la disparition des mémoires, ou les futurs journalistes ne retrouveront pas des journaux produits pendant cette période.

« Faute de structures appropriées, il sera difficile de trouver un journal Écho d’opinions ou un journal Mashariki dans le futur », conclut-il sous un regret d’une situation qui expose toute une profession.

Lukeka M Nathanaël

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