Société Goma : le taxi-moto, ce pilier invisible qui fait vivre les familles Admin Admin7 juillet 20260166 views Dans la ville de Goma, au Nord-Kivu, le taxi-moto ne constitue pas seulement un moyen de transport. Pour des milliers de jeunes, il représente une véritable source de revenus et un outil d’autonomisation économique. Malgré les défis liés à cette activité, de nombreux conducteurs parviennent à améliorer durablement leurs conditions de vie grâce à une gestion rigoureuse de leurs recettes. C’est le cas d’Espoir Syanza, diplômé en développement, marié et père de trois enfants. Après plusieurs années passées dans l’enseignement et de nombreuses recherches d’emploi restées infructueuses, il a décidé de se tourner vers le métier de conducteur de taxi-moto afin d’assurer la stabilité financière de sa famille. Dix ans plus tard, il dresse un bilan largement positif de cette activité. Selon lui, la moto lui a permis de construire un avenir solide. « En dix ans, j’ai fondé une famille avec trois enfants. Grâce à cette moto, j’ai acheté une parcelle et construit ma propre maison. Aujourd’hui, je ne suis plus locataire », témoigne-t-il. Pour Espoir Syanza, la réussite dans ce métier repose avant tout sur la discipline, la responsabilité et une bonne gestion des revenus. Il insiste également sur l’importance de l’épargne et de la participation au « likelemba », un système de tontine largement pratiqué dans la région. « Le secret est simple : être responsable et penser à sa famille. Avec la moto, il est rare de terminer une journée sans gagner au moins 20 000 francs congolais. On peut consacrer 10 000 francs aux besoins du ménage et épargner les 10 000 autres dans le likelemba. À la fin du mois, cette épargne permet de financer d’autres projets », explique-t-il. Malgré ces résultats encourageants, le conducteur reconnaît que le métier est confronté à plusieurs difficultés, notamment les taxes, les pannes mécaniques, les accidents de circulation ainsi que la fatigue liée aux longues heures de travail. Toutefois, il estime que ces obstacles ne devraient pas décourager les jeunes en quête d’emploi. Il les invite à considérer le taxi-moto comme une activité génératrice de revenus capable d’offrir une véritable autonomie financière lorsqu’elle est exercée avec sérieux et persévérance. Dans un contexte marqué par le chômage des jeunes, le secteur du taxi-moto continue de jouer un rôle essentiel dans l’économie de Goma. Au-delà de son rôle dans la mobilité urbaine, il constitue une opportunité d’emploi et une source de revenus pour de nombreuses familles. L’expérience d’Espoir Syanza illustre qu’avec de la discipline, une bonne gestion financière et de la persévérance, cette activité peut devenir un véritable moteur de développement socio-économique. Esaïe Tsongo