Société Kanyabayonga : l’eau potable est devenue un luxe Admin Admin5 novembre 20250337 views L’eau est devenue un véritable casse-tête dans la cité de Kanyabayonga, en territoire de Lubero, plongeant la population dans une vulnérabilité face aux maladies hydriques. Ici, des habitants sont contraints de parcourir plus d’un kilomètres pour accéder à un bidon d’eau qui du reste, ne devra servir qu’à boire. À Kanyabayonga, l’eau potable constitue un luxe : tout le monde ne peut se le permettre. Les femmes se réveillent au milieu de la nuit, de fois tôt le matin pour profiter de la première place au fil d’attente, courant ainsi des risques énormes dans une région en proie à l’insécurité. D’autres cependant se replient sur l’eau de pluie ou de puits, passant sous silence leurs conséquences fâcheuses sur la santé. Emmanuel Kamavu, Médecin Directeur du Centre de santé de référence de Kanyabayonga prévient sur les conséquences liées à l’utilisation de l’eau sale. « L’eau de pluie contient beaucoup de microbes, de la poussière et des métaux lourds, des rouilles sur les tôles. Des problèmes de ces eaux peuvent découler des substances qu’elles contiennent », explique le Médecin. « Ça cause des maladies d’origine hydriques comme la diarrhée. Certains microbes de gastro-entérite qui sont à la base de la déterioration de la vie de certains individus », poursuit-il. Emmanuel Kamavu conseille alors à la population de bouillir cette eau à une température très élevée, ou de la traiter avec de chlore avant de l’utiliser. De son côté, le comité chargé de l’eau en commune de Kanyabayonga lance un appel d’appui de partenaires humanitaires pour répondre aux besoins de la population. « La communauté de Kanyabayonga connait une difficulté qui date de longtemps, de l’eau potable. Pour le moment, nous sommes près de 100 000 âmes, qui ne sont pas desservies en eau potable car la quantité de l’eau est très moindre. Que les organisations qui interviennent dans le Wash nous viennent en aide en faisant des descentes sur terrain, multiplier des évaluations », plaide M. Roger Misali, gestionnaire de l’addiction d’eau potable chez ADP Kanyabayonga. Il convient de souligner que la prévalence des pathologies traitées au sein des établissements de santé de Kanyabayonga est principalement imputable à la mauvaise qualité de l’eau. Lucifer Shahuku