Kiseguro : vivre avec un handicap et élever cinq enfants, la leçon de courage d’Antoinette

À Kiseguro, dans le territoire de Rutshuru, des femmes retournées tentent de reprendre leur vie en main, malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées. Parmi elles, Antoinette Bashekere, âgée de 30 ans et vivant avec un handicap physique, s’efforce de subvenir aux besoins de ses cinq enfants grâce à une petite activité de vente de denrées alimentaires.

Mais le manque de capital et les difficultés liées à son handicap compliquent son quotidien. Elle appelle les personnes de bonne volonté à lui apporter un soutien pour renforcer son activité, et améliorer les conditions de vie de sa famille.

Revenue d’Ouganda après plusieurs années d’exil, Antoinette Bashekere est aujourd’hui mère de cinq enfants, et assume seule la responsabilité de son ménage. Elle explique vivre avec un handicap depuis son enfance, à la suite d’une maladie qui a entraîné l’atrophie d’une de ses jambes.

« Je suis née en bonne santé et je marchais normalement durant les deux premières années de ma vie, mais je suis tombée malade : une enflure est apparue sur ma cuisse. Malgré les tentatives de traitement de mes parents, cette enflure a fini par provoquer une atrophie de ma jambe, marquant ainsi le début de mon handicap. Aujourd’hui, j’ai 30 ans et je suis mère de cinq enfants », explique-t-elle.

Depuis environ trois ans, Antoinette s’est engagée dans la vente de denrées alimentaires. Elle développe cette activité avec les moyens limités dont elle dispose. Les revenus générés lui permettent notamment de couvrir une partie des besoins essentiels de sa famille, notamment l’alimentation, l’habillement et les soins médicaux.

« J’ai lancé cette activité avec un seul bidon de kasiksi ; je suis ensuite passée à trois bidons, et c’est ainsi que tout a commencé. Mais mon mari m’a abandonnée. Grâce à ce travail, je parviens à nourrir mes enfants et à les habiller », renchérit-elle.

Malgré sa détermination, son activité reste fragile. Le manque de capital, les difficultés d’accès au marché ainsi que les contraintes liées à son handicap limitent son développement. Antoinette affirme que son état physique rend également certaines tâches quotidiennes difficiles. Les douleurs et les difficultés à marcher l’obligent parfois à interrompre son travail pour se reposer.

« Mes enfants ne vont plus à l’école car je n’ai pas les moyens de payer les frais de scolarité. Je fais face à diverses difficultés ; il m’arrive de boiter ou de ressentir des douleurs en marchant, ce qui m’oblige à me reposer avant de pouvoir reprendre mon travail. Je lance un appel à l’aide pour obtenir des béquilles ainsi qu’un capital pour développer mon activité ; cela me permettrait de continuer à travailler et, à terme, de rescolariser mes enfants », appelle-t-elle.

Malgré son handicap et les difficultés économiques auxquelles elle fait face, Antoinette Bashekere poursuit ses efforts pour retrouver son autonomie et assurer l’avenir de ses cinq enfants. Son parcours illustre les défis auxquels sont confrontées certaines femmes retournées qui tentent de reconstruire leur vie après plusieurs années d’exil. Un appui matériel et financier pourrait lui permettre de renforcer son activité génératrice de revenus et, surtout, de favoriser la reprise de la scolarité de ses enfants.

Moïse Mfaume

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