Kiwanja : carence en eau potable, la population contrainte d’utiliser l’eau de pluie

Les habitants de la cité de Kiwanja en territoire de Rutshuru continuent à faire face à une rareté de l’eau potable depuis plusieurs semaines. Selon eux, l’eau n’arrive plus à couler comme il le faut sur les robinets publics et privés. Certains d’entre eux sont obligés de parcourir des kilomètres pour s’approvisionner en eau propre, d’autres contraints à utiliser l’eau de la pluie avec les risques sanitaires qui en découlent.

Les cellules les plus affectées par cette carence en eau potable sont celles de la partie Ouest de la cité de Kiwanja. Les femmes et jeunes filles sont obligées à se réveiller tôt le matin, et se diriger vers les cellules situées à l’Est de la cité pour se ravitailler en eau. Les conditions pour recueillir cette denrée vitale inquiète la plupart des habitants.

« Ici chez nous, nous faisons face à une rareté de l’eau, l’eau peut ou ne pas arriver, nous souffrons vraiment. Nous nous sommes acquittés de nos obligations mais jusque-là, il est difficile d’accéder à l’eau ici à Lueshe », s’inquiète Divine Salama de la cellule Lueshe.

La même inquiétude est partagée par Kavira Charmante de la cellule voisine de l’abattoir. Les habitants d’ici sont obligés à parcourir près de 2 kilomètres pour s’approvisionner en eau potable.

« Nous nous ravitaillons souvent tard la nuit avec des risques. L’eau n’arrive plus la journée, là, nous sommes obligés d’aller vers la grand route, et là ,nous faisons face aux difficultés », a-t-elle fait savoir.

Pour contourner cette rareté de l’eau propre, d’autres habitants sont obligés de recourir à l’eau de la pluie, tout en ignorant les nombreux risques qui en découlent, indique Kahambu Réponse, une autre habitante de la cellule Abattoir.

« Lorsque nous manquons de l’eau ici chez nous ; nous nous déplaçons vers l’autre côté de la cité et là, ça ne vas pas, nous nous tournons vers l’eau de la pluie avec toutes ces conséquences. Nous ne savons pas quoi faire mais nous sommes obligés », indique-t-elle.

L’usage de l’eau impropre comme celle de la pluie a des effets néfastes sur la santé des utilisateurs. Cette eau non traité est à la base des nombreuses maladies. L’infirmier Mumbere Mastaki du centre médical OPAM RDC, cite à titre d’exemple la fièvre typhoïde, la diarrhée, le choléra et certains cancers.

« Les habitants qui utilisent de plus en plus l’eau de la pluie qui est impropre, font face à la fièvre typhoïde. L’eau de la pluie contient les microbes dites « Salmonella ». Il y a également d’autres microbes qui restent sur les tôles. C’est entre autre la souillure qui provoque de différents types des cancers dans le corps. L’eau impropre comme celle de la pluie est aussi à la base de la diarrhée, le choléra et d’autres maladies », a-t-il affirmé.

Tout comme les habitants, l’infirmier Mumbere Mastaki plaide pour un appui des organisations humanitaires dans le renforcement de la desserte en eau potable dans les cellules, qui sont en difficulté d’accéder à l’eau propre depuis la période de la crise.

Le Comité de maintenance de l’eau potable (COMEPO) de Kiwanja confirme cette rareté de l’eau dans les quartiers de la partie ouest de la cité. Cette structure attribue cette situation par la poursuite des travaux d’aménagement des lignes de conduite de l’eau provenant de MBIGO. Le COMEPO appelle les habitants à la patience.

Prosper Buhuru

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