Kiwanja : l’accès limité aux terres arables asphyxie la sécurité alimentaire

À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), l’accès aux terres arables devient un véritable casse-tête pour de nombreux agriculteurs. Entre l’insécurité persistante, la rareté des terres cultivables et la hausse des redevances exigées pour exploiter un champ, plusieurs ménages déplacés, retournés et vulnérables peinent à reprendre leurs activités agricoles. Une situation qui fait craindre une aggravation de l’insécurité alimentaire dans une région où l’agriculture constitue le principal moyen de subsistance.

Depuis plusieurs saisons culturales, les cultivateurs de Kiwanja dénoncent les obstacles qui limitent leur accès aux terres agricoles. Selon plusieurs d’entre eux, les frais de redevance imposés pour l’exploitation des champs ont fortement augmenté ces dernières années.

Faute de moyens financiers, certains agriculteurs affirment être contraints de travailler comme journaliers dans les champs d’autres exploitants afin de réunir l’argent nécessaire pour louer une parcelle. Cette réalité retarde les activités agricoles et réduit les capacités de production de nombreux ménages.

Pour Josaphat Mungumwa, agronome au sein de l’organisation CEDERU, cette situation a des conséquences préoccupantes. Elle entraîne une réduction des superficies cultivées, une baisse de la production agricole ainsi qu’une diminution des revenus des ménages. Selon lui, de plus en plus de familles deviennent dépendantes de l’aide humanitaire faute de pouvoir produire suffisamment pour couvrir leurs besoins alimentaires.

Privées de terres cultivables, de nombreuses familles ne sont plus en mesure de produire leur propre nourriture. Elles doivent désormais acheter leurs denrées alimentaires sur les marchés locaux, où les prix restent souvent hors de portée de leurs revenus. Cette situation expose davantage les populations les plus vulnérables à la faim, à la malnutrition et à la précarité.

Face à ces défis, les agriculteurs de Kiwanja lancent un appel aux autorités ainsi qu’aux partenaires humanitaires afin que des solutions durables soient mises en place pour faciliter l’accès aux terres cultivables.

Selon eux, une meilleure disponibilité des terres permettrait de relancer la production agricole, de renforcer les moyens de subsistance des ménages et de contribuer durablement à l’amélioration de la sécurité alimentaire dans le territoire de Rutshuru.

Sophie Mavuta

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