Société Kiwanja : quatre établissements scolaires au bord du gouffre face à l’érosion Admin Admin23 janvier 20260152 views L’érosion qui gagne du terrain dans la cité de Kiwanja, en territoire de Rutshuru, menace sérieusement plusieurs établissements scolaires de la place. Il s’agit notamment de l’Institut Buturande, de l’Institut Gamaliel, de l’École primaire (E.P.) Gamaliel, ainsi que de l’E.P. Mukali. Ces écoles sont sur le point de s’effondrer à la suite de l’érosion provoquée par la montée des eaux de la rivière Musigiriza, communément appelée « Kilabu », et du ruisseau Nyongera pendant la saison de pluie. C’est par exemple à l’École primaire Gamaliel, une école conventionnée protestante située au quartier Mabungo, que le ruisseau Nyongera menace. Ce ruisseau présente une profondeur estimée entre 3 et 4 mètres pour une largeur d’environ 3 mètres, et se rapproche dangereusement des salles de classe. La situation est similaire à l’Institut Gamaliel, qui partage la même cour avec cette école primaire. Le bureau administratif et au moins trois salles de classe se trouvent à moins de cinq mètres du ruisseau, ce qui accentue les risques d’érosion et d’effondrement. Pour tenter de limiter les dégâts, les responsables scolaires ont déjà pris certaines initiatives, notamment la plantation de bambous et de pelouses afin de stabiliser le sol. Toutefois, ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène. « Premièrement, nous avions planté des bambous et des pelouses pour essayer de pallier ce problème. Nous sommes enclavés avec l’Institut Gamaliel et il n’y avait pas de passage vers les quartiers voisins. Nous avons été obligés d’aménager un point de passage pour désenclaver notre école », explique Kambale Mbabugha, chef d’établissement de l’École primaire Gamaliel. Face à cette situation, ce responsable scolaire sollicite l’appui des Organisations non gouvernementales afin d’obtenir une assistance technique et matérielle pour contenir l’érosion. Il plaide également auprès des autorités gouvernementales pour la délocalisation de l’école, dans le but de protéger élèves et enseignants contre d’éventuels accidents. « Nous avons déjà pris l’initiative de rédiger une lettre demandant la délocalisation de notre école, adressée à l’Administrateur du territoire. Jusqu’à présent, nous en assurons le suivi. Nous demandons aussi un appui pour réduire la profondeur de ce ruisseau, qui peut causer d’énormes dégâts, surtout pour les enfants qui, pendant la récréation, jouent à proximité ou s’y rendent pour puiser de l’eau afin d’arroser les salles de classe », ajoute-t-il. Il sied de noter que cette érosion, qui menace directement l’E.P. Gamaliel, contribue également à la baisse de l’effectif scolaire au sein de cet établissement. Plusieurs parents, craignant pour la sécurité de leurs enfants, préfèrent les inscrire dans d’autres écoles jugées plus sûres, laissant cette école confrontée à des difficultés financières. La situation est tout aussi préoccupante pour les maisons d’habitation situées le long de la rivière Musigiriza et du ruisseau Nyongera, où aucune mesure n’a encore été prise par les autorités. Wilson Jean-Nepon Mutwaranyi