Lubero : 59 leaders communautaires sensibilisés à la prévention de l’EAS dans l’aide humanitaire

À Kirumba, dans le sud du territoire de Lubero, 59 leaders communautaires ont été sensibilisés sur la prévention de l’exploitation et des abus sexuels (EAS) dans le cadre de l’assistance humanitaire. Cette activité a été organisée la semaine dernière par la SOFEPADI, avec l’appui de CARE International, à travers le projet « Powered by Women », financé par Norad. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la présence de la maladie à virus Ebola dans la zone de santé de Kayna.

Les échanges ont porté sur la protection des bénéficiaires de l’aide humanitaire, le respect de leur dignité et la prévention des abus sous toutes leurs formes. Les 59 participants, venus de différents axes de la zone, ont été appelés à jouer un rôle actif dans la sensibilisation de leurs communautés.

Pour Adèle Kamavu, cheffe de projet, cette démarche est particulièrement importante en période d’épidémie, lorsque les besoins d’assistance peuvent accroître la vulnérabilité de certaines personnes.

« Pendant cette période d’épidémie, parler d’exploitation et d’abus sexuels est plus qu’impérieux, parce que nous voulons nous assurer que la protection des membres de la communauté est réellement garantie. Il faut que l’aide humanitaire soit vraiment gratuite et donnée dans le respect de la dignité », souligne-t-elle.

Elle invite les leaders communautaires à relayer les messages auprès de la population, notamment sur le caractère gratuit de l’assistance humanitaire et sur l’interdiction de conditionner cette aide à des faveurs sexuelles ou à tout autre avantage personnel.

Adèle Kamavu précise que les activités de sensibilisation ne s’arrêteront pas à la période de l’épidémie d’Ebola. Elles devront se poursuivre afin de permettre aux communautés de mieux connaître leurs droits, de reconnaître les situations d’exploitation et d’abus sexuels et de savoir comment les signaler.

De leur côté, les participants ont salué les enseignements reçus et se sont engagés à sensibiliser les membres de leurs communautés. Ils insistent notamment sur la nécessité de dénoncer les pratiques consistant à réclamer de l’argent ou des faveurs sexuelles en échange d’une assistance.

« J’ai compris que l’aide humanitaire est gratuite. Nous avons pour rôle de dire à la communauté de faire attention au monnayage ou à l’échange de l’assistance contre des faveurs sexuelles. Il faut dénoncer rapidement », témoigne l’un des participants.

Un autre participant estime que ces enseignements permettront à la population de mieux réagir face aux éventuels cas d’exploitation et d’abus sexuels.

« Ces enseignements vont nous aider à dénoncer lorsque des cas d’exploitation et d’abus sexuels se manifesteront. La population ne doit pas subir de violences à cause de l’aide humanitaire », affirme-t-il.

À travers cette activité, la SOFEPADI et ses partenaires entendent renforcer la protection des communautés et promouvoir une assistance humanitaire respectueuse des droits et de la dignité de chaque bénéficiaire. La sensibilisation des leaders communautaires constitue une étape importante, mais elle doit s’accompagner de mécanismes de plainte accessibles, confidentiels et sûrs, afin que les personnes victimes ou témoins d’abus puissent signaler les faits sans crainte de représailles.

Fundi Emmanuel

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