Lubero : le CRPA promeut le « Kivunde », une farine de manioc fermenté au service de la santé et du développement local

À Kirumba, dans le territoire de Lubero, le manioc devient un véritable levier de santé publique et de développement économique. Le Centre de recherche pour la promotion de l’agriculture (CRPA) a récemment formé 70 membres issus de dix organisations de base à la fabrication du « Kivunde », une farine de manioc fermenté de haute qualité. Cette initiative vise à améliorer la qualité alimentaire, prévenir les maladies d’origine alimentaire et accroître la valeur marchande de la production locale.

Organisée sur deux jours, cette formation a permis aux participants de maîtriser les différentes étapes de transformation du manioc en farine fermentée. Selon le directeur du CRPA, M. Kambale Suhene, cette technique répond à un triple objectif : protéger la santé des consommateurs, améliorer les conditions d’hygiène dans la transformation du manioc et renforcer les revenus des producteurs.

« Premièrement, nous éliminons les substances toxiques du manioc qui nuisent à la santé. Deuxièmement, nous garantissons une hygiène parfaite, contrairement à la préparation ordinaire où le manioc est souvent exposé aux saletés et rend les gens malades. Enfin, cette transformation de qualité permet de vendre le manioc à un meilleur prix », explique-t-il.

L’approche adoptée par le CRPA repose également sur la diffusion des connaissances au sein des communautés. Les bénéficiaires de la formation sont appelés à transmettre les compétences acquises aux membres de leurs organisations afin d’élargir l’impact du projet.

 

Les mamans en train de préparer le manioc pour le moulin

L’un des participants affirme avoir déjà partagé ce savoir-faire avec plus de 25 membres de son organisation. Selon lui, la farine de manioc fermenté, connue sous le nom de « Kivunde », présente une qualité nettement supérieure à celle produite selon les méthodes traditionnelles.

Les effets de cette innovation se font déjà sentir dans les ménages. Kahambu Muhima Adèle, bénéficiaire de la formation, indique avoir adopté cette technique pour la consommation familiale.

« Je prépare désormais la pâte de Kivunde afin de prévenir certaines maladies. C’est une farine bénéfique aussi bien pour les personnes malades que pour celles qui sont en bonne santé », témoigne-t-elle.

À travers la promotion du « Kivunde », le Centre de Recherche pour la Promotion de l’Agriculture ouvre de nouvelles perspectives pour les producteurs de Lubero. En associant sécurité alimentaire, amélioration de la santé publique et valorisation économique du manioc, cette initiative pourrait contribuer durablement au développement des communautés locales, à mesure que ces techniques se diffuseront dans l’ensemble du territoire.

Ghislain Ramazani

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