Lubero : les agriculteurs de Luofu alerte sur la pénurie d’agronomes

Dans l’agglomération de Luofu, en territoire de Lubero, les paysans cultivateurs éprouvent d’importantes difficultés à accéder aux services des techniciens agronomes, en raison de leur insuffisance dans la zone.

Cette situation complique davantage le travail des agriculteurs, confrontés à des conditions météorologiques changeantes, notamment à de fortes périodes de sécheresse suivies de pluies parfois destructrices.

Selon plusieurs cultivateurs rencontrés à Luofu, les activités champêtres deviennent de plus en plus difficiles. Ils expliquent que l’alternance entre un soleil ardent et des pluies abondantes expose leurs cultures à d’importants risques et pourrait entraîner de mauvaises récoltes.

Anicet Kakule et d’autres femmes agricultrices témoignent de leurs difficultés : « Nous n’avons pas d’agronomes dans notre zone, nous ne les connaissons même pas. Nous avons des difficultés à pratiquer l’agriculture, car en période de soleil, nous ne savons pas comment travailler. La pluie, à son tour, ravage nos cultures parce que nous n’avons aucune technique ».

Une autre cultivatrice déplore également le manque d’encadrement technique et les pertes de semences enregistrées à la suite de la sécheresse.

« Nous ne connaissons aucun agronome. Nous travaillons sans orientation. À cause de la grande sécheresse, nous avons perdu nos semences. Nous demandons aux humanitaires de nous aider avec des semences et de former des moniteurs agronomes qui pourraient nous accompagner pendant les périodes difficiles de saison sèche ou pluvieuse ».

Face à ces préoccupations, Gilbert Sivyolo, l’un des techniciens agronomes présents dans la zone, appelle les agriculteurs à mieux tenir compte des conditions météorologiques dans la planification de leurs activités agricoles.

« Les agriculteurs doivent apprendre à lire le temps et à connaître les différentes périodes atmosphériques. Ils doivent avoir des champs sur les montagnes et dans les vallées, car l’un des facteurs d’une bonne production agricole, c’est l’eau ».

Selon ce technicien agronome, dans les zones où les professionnels agricoles sont peu nombreux, les cultivateurs peuvent également se rapprocher des associations et des coopératives agricoles qui disposent d’un encadrement technique.

Il plaide par ailleurs pour la formation de moniteurs agricoles capables d’accompagner les communautés rurales confrontées aux aléas climatiques.

À Luofu, le manque de techniciens agronomes constitue ainsi une préoccupation pour de nombreux cultivateurs qui souhaitent bénéficier d’un meilleur encadrement dans leurs activités. Entre sécheresse et pluies abondantes, ces agriculteurs demandent notamment un appui en semences ainsi qu’une formation technique leur permettant de mieux s’adapter aux conditions climatiques et de préserver leurs récoltes.

Faustin Nzenze

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