Société Lubero : les restrictions Ebola pèsent « lourdement » sur les transports Admin Admin13 juin 2026011 views Les mesures de prévention mises en place pour empêcher la propagation de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo commencent à produire des répercussions économiques dans le sud du territoire de Lubero. La limitation du nombre de passagers à bord des bus et des voitures assurant la liaison entre Butembo et Goma affecte fortement les revenus des chauffeurs et des agences de voyage, tandis que les voyageurs redoutent une hausse du coût du transport. À l’arrêt des bus de la commune de Kirumba, l’ambiance n’est plus la même. Bien que les mégaphones continuent d’annoncer les destinations desservies et d’inviter les passagers à embarquer, l’affluence a nettement diminué depuis l’entrée en vigueur des nouvelles mesures sanitaires. Pour Delvo, chauffeur de bus sur l’axe Butembo–Kirumba–Goma, cette situation représente un véritable défi économique. Depuis plus d’une semaine, il doit composer avec la réduction du nombre de passagers autorisés à bord des véhicules. « Le transport en commun est aujourd’hui en difficulté parce que nous travaillons selon les conditions imposées par les autorités. Avant, nous transportions dix-huit personnes par bus. Aujourd’hui, on nous exige de n’en prendre que dix, et seulement quatre contre huit pour une voiture. Pour nous, les chauffeurs, cela rend la vie très précaire », témoigne-t-il. Les voyageurs ne cachent pas non plus leurs inquiétudes. Beaucoup craignent que cette réduction du nombre de passagers entraîne une augmentation des tarifs de transport. Prosper, qui prévoit de se rendre à Goma, estime que cette mesure complique davantage les déplacements. « Je suis particulièrement affecté par cette mesure. En tout cas, c’est une nouvelle qui n’est pas salutaire pour tous les voyageurs. Je suis limité par cette situation et je ne sais plus comment me comporter par rapport à cela », déplore-t-il. Du côté des agences de voyage, les pertes financières deviennent de plus en plus visibles. Selon Monsieur Djumah, agent de l’agence Kivu Express, de nombreux usagers, notamment ceux qui voyagent entre Kirumba et Butembo, se tournent désormais vers les motos, jugées plus accessibles dans le contexte actuel. Cette situation entraîne une baisse considérable de la clientèle pour les transporteurs. Face à cette réalité, il appelle les autorités à trouver un équilibre entre les impératifs sanitaires et les besoins économiques des populations. « Je souhaiterais que les autorités nous permettent de reprendre notre pain quotidien. S’il s’agit de lutter contre la maladie à virus Ebola, je pense qu’elles peuvent trouver une solution. Qu’elles se concertent et nous autorisent à reprendre le transport des personnes », plaide-t-il. Si aucune contamination à la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo n’a encore été enregistrée dans le sud du territoire de Lubero, les mesures préventives adoptées pour éviter sa propagation ont déjà un impact significatif sur le secteur du transport. Entre préoccupations sanitaires et difficultés économiques, chauffeurs, agences de voyage et voyageurs espèrent des solutions adaptées qui permettront de préserver à la fois la santé publique et les moyens de subsistance des populations. Pendant ce temps, les autorités sanitaires continuent d’appeler la population à la vigilance et au respect des mesures de prévention. Ghislain Ramazani