Lubero : un nouveau souffle pour l’élevage grâce à la vaccination

Depuis quelques jours, une campagne de vaccination contre la peste des petits ruminants (PPR) est en cours à Kirumba, dans le sud du territoire de Lubero. Cette initiative vise à freiner la propagation de cette maladie virale très contagieuse qui décime les troupeaux de chèvres et de moutons à travers le Nord-Kivu, mettant en péril les moyens de subsistance de nombreux éleveurs.

La peste des petits ruminants est une maladie qui n’affecte que les chèvres et les moutons et ne se transmet pas à l’homme. Toutefois, elle reste extrêmement dangereuse pour l’économie locale, pouvant entraîner la perte quasi totale d’un troupeau non vacciné. Parmi les signes à surveiller figurent une forte fièvre, des écoulements au niveau des yeux et du nez, une toux persistante ainsi qu’une diarrhée sévère.

À Kirumba, la campagne est coordonnée par le chef du service vétérinaire local, Kakule Kasekete. Selon lui, la réussite de cette opération repose sur une approche méthodique.

« La première étape consiste à sensibiliser les populations pour qu’elles fassent vacciner leurs bêtes. Ensuite, nous séparons les animaux malades de ceux qui sont sains. La vaccination se fait porte à porte dans les fermes, avec comme principal site l’abattoir de Kirumba », explique-t-il.

Au-delà de la vaccination, les autorités vétérinaires insistent sur l’importance de l’isolement des animaux malades afin de limiter la propagation du virus.

« Lorsqu’un animal présente des signes, il faut d’abord le séparer des autres avant de faire appel à un vétérinaire », recommande-t-il.

Malgré le coût du vaccin fixé à un dollar américain par animal, les éleveurs adhèrent largement à l’initiative. Pour Kambale Bisika Mutsuva, cet investissement est nécessaire : « Si ce vaccin peut aider, il est important de vacciner les chèvres. Ce sont des animaux très importants dans la vie de l’homme », affirme-t-il.

De son côté, Katembo Syaminya Magellan regrette que la campagne n’ait pas été lancée plus tôt, tout en appelant à la mobilisation :

« Si ce vaccin avait été disponible plus tôt, nous n’aurions peut-être pas subi autant de pertes. J’encourage mes collègues à ne pas se décourager et à faire vacciner rapidement les animaux encore sains », insiste-t-il.

Les autorités sanitaires rappellent que, même si la peste des petits ruminants ne se transmet pas à l’homme, il est strictement interdit de consommer la viande d’un animal mort de cette maladie. Une telle pratique présente des risques sanitaires et favorise la propagation du virus dans l’environnement.

La réussite de cette campagne ne dépend pas seulement de la vaccination : elle exige aussi un respect rigoureux des mesures de prévention pour sécuriser les élevages sur le long terme.

Ghislain Ramazani

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