Masisi : des associations féminines en détresse faute des partenaires

Les organisations féminines actives dans la chefferie de Bashali, notamment dans la cité de Kitshanga, en territoire de Masisi au Nord-Kivu, traversent une période difficile, marquée par l’absence de partenaires. Cette situation a été mise en lumière lors de la célébration de la Journée internationale de la femme rurale, organisée à Kitshanga le 15 octobre.

Certaines responsables affirment que dans ce contexte, l’autofinancement devient la seule voie possible pour maintenir l’équilibre de leurs structures. Bahoze Hamuli Innocente, responsable de l’Association des mamans pour la défense des droits des femmes (AMDF), décrit une réalité préoccupante. Selon elle, bien que certaines activités continuent, la majorité des associations fonctionnent sans appui financier, ce qui limite leur impact.

« Nous travaillons sans aucun financement. C’est une organisation interne qui nous permet simplement de ne pas perdre l’adresse du bureau. Tout se fait par des cotisations. On essaie de maintenir l’équilibre de notre structure, car c’est un travail utile pour nous, les femmes. Cela nous aide beaucoup, notamment dans les cas de violences basées sur le genre. Malheureusement, certaines d’entre nous quittent l’organisation faute de moyens pour cotiser, et cela nous oblige à recruter de nouvelles membres pour continuer », explique Bahoze Hamuli Innocente.

Malgré les difficultés, certaines structures restent engagées sur le terrain. Meda Ndool, responsables du Collectif des associations féminines pour la paix et le développement intégral (CAFPDI), garde espoir, mais lance un appel pressant aux partenaires.

« Nous continuons à sensibiliser les femmes et à leur dire que nous devons garder nos structures actives, même sans financement. Nous devons nous débrouiller. Mais, nous appelons les partenaires à penser à nous, surtout aux associations de femmes. Car aujourd’hui, nous repartons presque à zéro », plaide-t-elle.

À ce jour, au moins quarante associations féminines basées à Kitshanga fonctionnent sans appui, malgré leur rôle crucial dans l’accompagnement des femmes et le développement communautaire.

Ibrahim Lukoo

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