Masisi : face à la précarité, l’indéfectible entraide entre déplacés et familles d’accueil

Dans un contexte marqué par l’insécurité et le manque d’assistance humanitaire, des familles d’accueil continuent de faire preuve de solidarité envers les personnes ayant fui les violences dans différents villages du territoire de Masisi.

Au quartier Camp Saïo, Jadot Kubuya héberge à son domicile plus de trois familles déplacées venues des villages de Shoa, Mahanga et Ndete.

Selon lui, c’est la compassion face à la souffrance des déplacés qui l’a motivé à leur ouvrir les portes de sa maison.

« Chez moi, j’ai trois familles déplacées internes. Nous partageons notre domicile sans problème. Ce qui m’a poussé à les accueillir, c’est la compassion face aux conditions difficiles qu’ils traversaient après avoir fui les combats », explique-t-il.

Dans le quartier Mont Ngaliema, Lumoo Muhombo héberge également six familles déplacées venues notamment de Shoa, Ndete et Bukombo. Malgré ses moyens limités, il affirme se débrouiller pour nourrir ces familles, qui n’ont reçu aucune assistance humanitaire depuis leur arrivée.

« Nous demandons aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté de nous venir en aide, car nous traversons une situation très difficile », lance-t-il.

Du côté des déplacés, certains disent trouver un certain réconfort dans les familles d’accueil, comparativement aux conditions de vie dans les camps de déplacés.

Ombeni Ndagigé, déplacé venu de Shoa, affirme que même si la promiscuité reste un défi, la vie dans une famille d’accueil est plus supportable que celle vécue dans les sites de déplacés.

« Nos enfants dorment parfois chez des voisins à cause du manque d’espace, mais nous vivons un peu mieux que dans les camps », témoigne-t-il.

Un autre déplacé interne, Twagira Rukinzi, explique qu’un habitant leur a permis de construire des abris de fortune sur sa parcelle. Il appelle néanmoins les bienfaiteurs à leur fournir des bâches pour améliorer leurs conditions de logement.

Cette année, la Journée internationale des familles, commémorée le 15 mai de chaque année, est célébrée sous le thème : « Familles, inégalités et bien-être de l’enfant ».

À Masisi, les familles d’accueil jouent un rôle essentiel dans la prise en charge des personnes déplacées par les conflits armés. Malgré la précarité et le manque d’assistance humanitaire, plusieurs ménages continuent d’offrir refuge et solidarité aux victimes des violences.

En cette Journée internationale des familles, les appels se multiplient en faveur d’un soutien accru aux familles d’accueil et aux déplacés afin de garantir des conditions de vie dignes, et préserver le bien-être des enfants affectés par la crise.

Samuel Lukuli

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