Société Nord-Kivu : des victimes de catastrophes naturelles exposées aux chocs psychologiques Admin Admin11 février 20260128 views De plus en plus fréquentes au Nord-Kivu, les catastrophes naturelles causent d’importants dégâts dans plusieurs agglomérations de la province. Au-delà des pertes matérielles et humaines, ces événements ont un impact profond sur la santé mentale des populations touchées, une dimension encore insuffisamment prise en compte dans la gestion des catastrophes. Selon Josué Musongya, psychologue clinicien, les pluies torrentielles, les vents violents et la foudre exposent de nombreuses victimes à des troubles psychologiques, notamment le syndrome de stress post-traumatique. « Ces événements sont soudains, violents et incontrôlables. Ils provoquent une peur intense, une sidération ou un sentiment d’irréalité. Ce sont des réactions normales face à un danger vital », explique-t-il. Ce spécialiste en santé mentale souligne que ces phénomènes climatiques extrêmes génèrent également un sentiment d’insécurité durable, susceptible de déséquilibrer la santé mentale des personnes affectées. Il invite les populations à ne pas banaliser les chocs émotionnels et à recourir à un accompagnement psychologique lorsque cela s’avère nécessaire. « Dans les jours et les mois qui suivent une catastrophe, on observe fréquemment des troubles du sommeil, des cauchemars et des souvenirs envahissants. Des éléments du quotidien, comme la pluie ou le vent, peuvent raviver l’angoisse en rappelant l’événement vécu. À long terme, ces situations peuvent conduire à l’anxiété, à la dépression et à un sentiment d’impuissance, surtout lorsque les catastrophes se répètent », ajoute-t-il. Pour le psychologue, demander un soutien psychologique après une catastrophe naturelle n’est ni un signe de faiblesse ni une honte, mais une démarche essentielle pour prévenir des séquelles durables et renforcer la résilience individuelle et communautaire. Il convient de rappeler que les pluies diluviennes, les vents violents et la foudre font partie du quotidien des populations du Nord-Kivu, comme dans d’autres régions de la République démocratique du Congo, aussi bien en milieux urbains que ruraux. Joslyne Basoki