Santé Paludisme à Kiserera : malgré les moustiquaires, la maladie continue de faire des cas Admin Admin8 décembre 20250522 views Située sur la côte ouest du lac Édouard, dans la zone de santé de Kayna au sud-est du territoire de Lubero, l’agglomération de Kiserera connaît une montée des cas de paludisme, malgré l’utilisation généralisée de moustiquaires imprégnées d’insecticide par la population. L’infirmier titulaire du centre de santé local, Nansi Kakula souligne que plus de 90% de la population utilisent des moustiquaires imprégnées, sans que cela ne réduise visiblement la transmission. Le taux d’infection demeure élevé alors que la prise en charge peine à suivre, en raison d’un accès limité aux soins, de diagnostics tardifs, de résistances comportementales et d’une automédication récurrente. « Ici, chez nous, le paludisme est endémique. Les moustiques sont présents en permanence. Les statistiques restent quasiment les mêmes chaque jour. Environ 98% des habitants utilisent des moustiquaires. Malheureusement, les moustiques commencent à piquer dès 18 h. Les gens se mettent sous leurs moustiquaires après avoir déjà été piqués. Dire que la moustiquaire imprégnée d’insecticide peut, à elle seule, remédier à la situation, c’est vraiment catastrophique », explique l’infirmierm Selon l’agent de santé, plusieurs facteurs environnementaux, sanitaires et démographiques compliquent la lutte : « La température favorable aux vecteurs, les zones marécageuses dues à la proximité du lac, tout cela rend le paludisme endémique ici à Kiserera. Les pluies torrentielles et l’absence de zones en altitude pour drainer l’eau aggravent la situation. Lutter contre les moustiques est très difficile. Nous menons cependant des actions de sensibilisation ». Face à cet environnement particulièrement propice à la prolifération des moustiques, le combat contre cette fièvre ne peut être gagné qu’à travers une mobilisation collective mettant l’accent sur l’assainissement des villages, la protection des familles et la disponibilité des médicaments antipaludéens dans les structures sanitaires, afin de sauver des vies humaines, conclut Nansi Kakula. Depuis plusieurs années, le paludisme demeure une menace sanitaire pour les habitants du village de Kiserera et de ses environs. Malgré l’usage de moustiquaires imprégnées d’insecticide, la situation ne s’améliore pas : une forte présence de moustiques est observée, et ceux-ci piquent même avant le coucher, ce qui augmente les risques d’infection, a indiqué un agent de santé. Ghislain Siwako