Paradoxe à Masisi : la patate douce délaissée par les prix malgré sa rareté

À Sake, dans le groupement Kamuronza en territoire de Masisi, le marché de la patate douce traverse une période paradoxale. Entre le retour des populations, les caprices du climat et les tensions avec les éleveurs ; les acteurs de la filière cherchent des solutions.

Le groupement Kamunza produisait la patate douce en qualité et quantité qui était consommée dans plusieurs marchés locaux, voire en ville de Goma. Les vendeuses précisent que la quantité disponible, encore insuffisante pour les populations, le fruit du travail déjà entrepris par le minimum des agriculteurs.

L’une de ces vendeuses explique l’origine du problème : « Suite au déplacement des populations, les activités agricoles n’avaient pas été possibles. Ce n’est qu’au retour que certains ont commencé à cultiver et c’est le peu de produits que nous avons actuellement sur le marché ».

Certains agriculteurs, de leur côté, attribuent cette rareté aux changements climatiques et aux conditions actuelles du sol, mais aussi aux bêtes qui ravagent les champs.

« Le premier problème de cette culture est le changement climatique. Deuxièmement, ce sont les éleveurs des chèvres et vaches car le passage de ces animaux dans les champs occasionne un manque à gagner. Les bêtes broutent les plantes », a expliqué Célestin Kichondo, un père d’une famille de sept enfants qui cultive à Karojo vers Kimoka.

Face à cette situation, il demande aux éleveurs de prendre soin et bien garder les bêtes qui détruisent des champs. Pour lui, cela constitue un manque à gagner, et provoquerait déjà des conflits entre certains agriculteurs et les éleveurs des chèvres et vaches dans ce coin du territoire de Masisi.

Malgré ces obstacles, l’espoir demeure. Avec le retour progressif à la terre et une meilleure gestion de l’élevage, des habitants espèrent que la patate douce de Sake retrouvera sa place de choix sur toutes les tables de la région.

Faustin Balezi

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