Santé Prise en charge de l’épilepsie : entre suivi médical rigoureux et prévention au quotidien Admin Admin26 février 2026083 views L’épilepsie est une maladie neurologique fréquente qui demeure encore entourée de peur, de préjugés et de silence. Derrière les crises souvent spectaculaires qui marquent les esprits, se cache pourtant une pathologie bien connue du corps médical et qui peut être efficacement prise en charge : à condition d’informer, d’accompagner et de lutter contre la stigmatisation. Interrogé à ce sujet, le docteur Neema Kahatwa, médecin psychiatre, souligne l’importance d’un encadrement médical rigoureux. « Un suivi médical adapté, des traitements réguliers et des mesures simples au quotidien permettent de réduire la fréquence et la gravité des crises », affirme-t-elle. Elle insiste notamment sur le diagnostic précoce et la régularité dans la prise des médicaments. La prise en charge repose essentiellement sur le traitement pharmacologique. L’administration d’antiépileptiques constitue la base du suivi médical. « Lorsqu’ils sont bien prescrits et bien suivis, ces médicaments permettent à de nombreux patients de mener une vie normale et épanouie », explique le docteur Neema Kahatwa. Dans certains cas plus complexes, notamment les épilepsies dites réfractaires, une intervention chirurgicale peut être envisagée dans des structures spécialisées. Toutefois, précise la spécialiste, « à notre niveau, nous nous limitons beaucoup plus au traitement pharmacologique », compte tenu des réalités techniques et sanitaires. Par ailleurs, la gestion des crises à domicile demeure un aspect crucial. Lorsqu’une personne présente une crise convulsive, les gestes de premiers secours peuvent prévenir des blessures graves. « Il faut placer la personne dans un milieu sécurisant, l’allonger et la mettre en position latérale de sécurité », recommande le docteur Neema Kahatwa. Elle met également en garde contre certaines pratiques dangereuses : « Il ne faut jamais lui faire boire quoi que ce soit pendant la crise, car il y a un risque de fausse route. Il faut laisser la crise passer tout en protégeant la personne ». Cependant, malgré les avancées médicales, la stigmatisation reste un défi majeur. Dans plusieurs communautés, notamment à Goma, les personnes vivant avec l’épilepsie sont encore victimes de discriminations et de croyances erronées. Certaines interprétations mystiques persistent et retardent la consultation médicale. « Beaucoup associent encore cette maladie à des causes non médicales, ce qui isole les patients et complique leur prise en charge », regrette la spécialiste. Ainsi, la sensibilisation apparaît comme un levier indispensable. Informer la population sur la nature neurologique de l’épilepsie, promouvoir les gestes appropriés en cas de crise et encourager l’inclusion sociale contribuent à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes. La thématique s’inscrit d’ailleurs dans un cadre plus large, celui de la santé mentale et des troubles neurologiques, encore insuffisamment abordés dans l’espace public. Même si certaines formes d’épilepsie, notamment d’origine génétique, ne peuvent pas être évitées, un suivi médical régulier et un mode de vie équilibré permettent de mieux contrôler la maladie. « Un suivi approprié permet de stabiliser les crises et d’améliorer significativement la qualité de vie », conclut-elle. Informer, soigner et inclure demeurent ainsi les piliers essentiels pour faire reculer les préjugés, et offrir aux personnes épileptiques une vie digne et épanouie. Marie Bisimwa