Education Rentrée scolaire à Kiwanja : l’angoisse de plus de 100 familles déplacées pour la scolarité de leurs enfants Admin Admin25 août 2026074 views À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, l’inquiétude gagne plus d’une centaine de familles déplacées de guerre vivant à Kiwanja et dans ses environs, en territoire de Rutshuru. Originaires notamment du territoire de Masisi et des groupements de Binza, Busanza, Mutanda et Bambo, ces familles affirment rencontrer d’importantes difficultés pour inscrire leurs enfants dans les écoles publiques. Pour certains parents, l’absence de documents scolaires constitue un obstacle majeur à l’inscription. Pour d’autres, ce sont les difficultés financières qui compromettent la scolarisation de leurs enfants, après avoir tout perdu à la suite de leur déplacement. À Kiwanja, l’angoisse est palpable à l’approche de la rentrée. Hébergées pour la plupart dans des familles d’accueil, plusieurs familles déplacées craignent que leurs enfants soient contraints de rester à la maison, comme cela a déjà été le cas pour certains d’entre eux l’année dernière. Yalala Mbuwa, père de famille déplacé, dit avoir parcouru plusieurs établissements scolaires à la recherche d’une place pour ses enfants, sans succès. Il dénonce une situation qui, selon lui, donne le sentiment aux familles déplacées d’être mises à l’écart. « Nous avons fait le tour de plusieurs écoles, on n’arrive pas à nous accepter parce que nous ne sommes pas connus ici. Nous ne savons pas qui va nous accueillir pour que nos enfants étudient comme les autres », témoigne-t-il. Pour Kahindo Anida, une mère déplacée venue du territoire de Masisi, l’exigence de certains documents complique davantage la situation. Elle explique avoir fui précipitamment avec ses enfants, qui n’avaient pas pu terminer l’année scolaire précédente. « Lorsque j’ai voulu prendre l’inscription de mes enfants, on m’a demandé les documents que je ne pouvais pas obtenir car j’ai fui », déplore-t-elle, appelant à une intervention afin que ses enfants puissent reprendre le chemin de l’école. Le cas de Kavugho Tuliza illustre également les conséquences de ces difficultés. L’élève déplacée affirme ne pas avoir étudié l’année dernière et craint de revivre la même situation cette année. « J’ai voulu étudier, mais on nous a demandé des bulletins alors qu’ils sont loin d’ici. L’année passée, nous n’avons pas étudié à cause de cela. Cette année, j’ai des doutes aussi », témoigne-t-elle. Du côté des établissements scolaires, les responsables du primaire évoquent notamment la surcharge des écoles ainsi que les difficultés d’orientation et d’inscription des élèves dépourvus de documents scolaires. Au secondaire, les difficultés sont également d’ordre financier. Plusieurs parents déplacés affirment ne plus être en mesure de payer les frais scolaires, après avoir perdu leurs biens et leurs moyens de subsistance lors de leur fuite. Saisi de la situation, Kambale Fataki, président de la Commission chargée des mouvements de la population (CMP), promet de plaider auprès des responsables de l’éducation en faveur de ces enfants. Il appelle également les chefs d’établissements à faire preuve de compréhension envers les familles déplacées. « Je m’apprête à aller rencontrer l’Inspool, mais je lance un appel aux différents directeurs pour qu’ils aident ces enfants déplacés et leur donnent une place à l’école. En réalité, quand une personne a fui la guerre, elle est traumatisée. En cette période d’inscription, les parents ne savent plus quoi faire », explique-t-il. À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, les familles déplacées de Kiwanja appellent donc les autorités administratives et éducatives à trouver rapidement des solutions pour permettre à leurs enfants d’accéder à l’éducation. Elles demandent notamment une attention particulière pour les élèves qui ont perdu leurs documents scolaires lors de leur déplacement ainsi que pour les familles incapables de prendre en charge les frais liés à la scolarité. Jean Népon Mutwaranyi