Education Rubaya : sans moyens financiers, des élèves déplacés privés d’accès à l’école Admin Admin16 septembre 2026041 views À Rubaya, dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu, plusieurs enfants issus des familles déplacées peinent à poursuivre leur scolarité en raison de la précarité que vivent leurs parents. Déplacées de Katoyi à la suite de la guerre, certaines familles manquent de moyens pour assurer les besoins essentiels de leurs enfants, notamment les frais scolaires, les uniformes et la nourriture. Depuis leur déplacement, il y a environ six mois, plusieurs familles venues de Katoyi vivent dans des conditions particulièrement difficiles. Certaines ont trouvé refuge dans des salles de classe, notamment à l’école primaire Beho à Rubaya, ce qui complique davantage la situation des enfants en âge scolaire. Madame Aline, mère de quatre enfants déplacés, témoigne de ces difficultés. Selon elle, ses enfants ne fréquentent plus l’école, faute de moyens financiers pour payer leur scolarité et acheter les fournitures nécessaires. « Je suis déplacée, venue de Katoyi il y a six mois. J’ai quatre enfants, ils n’étudient pas car nous n’avons pas les moyens de les scolariser. Nous n’avons même pas les moyens de les nourrir ni d’acheter les uniformes. C’est très grave, vraiment, nous souffrons beaucoup ». Face à cette situation, elle lance un appel aux organisations humanitaires afin qu’elles viennent en aide aux familles déplacées et permettent aux enfants de reprendre le chemin de l’école. Elle appelle également les autorités à œuvrer pour le rétablissement de la paix afin que les familles puissent, un jour, retourner dans leurs milieux d’origine. « Les organisations humanitaires peuvent nous venir en aide pour que les enfants soient à l’école. Les autorités peuvent aussi nous aider à rétablir la paix chez nous afin que nous puissions y retourner ». De leur côté, les responsables scolaires encouragent les parents déplacés à maintenir une collaboration étroite avec les enseignants. Pour eux, le déplacement ne devrait pas constituer un obstacle définitif à la scolarisation l’école primaire Parapanda, appelle les parents déplacés à se rapprocher des enseignants et à privilég des enfants. Muharuro Kibongo Jacques, directeur de l’école primaire Parapanda, appelle les parents déplacés à se rapprocher des enseignants et à privilégier le dialogue afin de rechercher ensemble des solutions pour leurs enfants. « Je conseillerais aux parents déplacés de chercher comment collaborer avec les enseignants, car les enfants ne peuvent pas chômer parce qu’ils sont déplacés. S’il y a collaboration entre ces parents et les enseignants, rien ne peut échouer ». Le responsable scolaire plaide également auprès des organisations humanitaires pour une assistance en faveur de ces familles vulnérables, dont certaines vivent toujours dans des salles de classe. La situation des enfants déplacés à Rubaya reste préoccupante. Privés de moyens financiers, plusieurs d’entre eux risquent de rester longtemps éloignés de l’école, alors que l’éducation constitue un élément essentiel de leur protection et de leur avenir. Les familles concernées appellent ainsi les acteurs humanitaires à renforcer leur assistance, tandis que les responsables scolaires encouragent la collaboration entre parents et enseignants. La reprise de la scolarité de ces enfants dépendra notamment de l’amélioration des conditions de vie des familles déplacées et du soutien des différents acteurs présents dans la région. Ignace Tusali