Sake : vol de bétail et insécurité, les éleveurs étouffés par la crise

À Sake, dans le groupement Kamuronza, les filières bovine et porcine sont confrontées à de sérieuses difficultés. La recrudescence des vols de bétail, l’insécurité sur les axes d’approvisionnement et les perturbations des échanges commerciaux ont fortement réduit l’activité des éleveurs, bouchers et commerçants. À cela s’ajoute la vigilance sanitaire liée à la maladie à virus Ebola, qui impose un contrôle accru des produits d’origine animale.

Dans les pâturages comme sur les marchés de Sake, les conséquences de l’insécurité se font de plus en plus sentir. Les éleveurs dénoncent notamment les vols de bétail et les difficultés d’accès aux principaux axes permettant l’acheminement des animaux vers les marchés. Au marché central de Sake, l’activité a considérablement diminué. Le nombre d’animaux abattus quotidiennement a fortement baissé, conséquence directe de la rareté du bétail et de la diminution du pouvoir d’achat des consommateurs.

Mwamini Shashire, vendeuse de porcs au marché de Sake, témoigne de cette baisse d’activité : « Autrefois, on égorgeait 10, 13, voire 15 bêtes par jour. Aujourd’hui, on en abat à peine 5. C’est à peine si l’on arrive à vendre comme avant. La route est coupée et l’insécurité a détruit nos circuits d’approvisionnement. Heureusement, nous avons un vétérinaire qui réalise les expertises sanitaires sur place ».

La rareté des animaux a également entraîné une importante hausse des prix. Les commerçants éprouvent désormais de grandes difficultés à constituer leurs stocks, alors que les coûts d’achat ne cessent d’augmenter.

Furaha Elizabeth, commerçante de vaches, explique : « Avant, j’avais l’habitude d’acheter quatre ou cinq vaches d’un coup. Aujourd’hui, en obtenir une seule est un véritable parcours du combattant. Il n’y a pas d’argent et le prix des animaux a explosé : la vache qu’on achetait autrefois à 500 dollars coûte aujourd’hui entre 850, 1 000 et même 1 100 dollars, selon la taille ».

Malgré les difficultés liées à la situation sanitaire et la vigilance autour de la maladie à virus Ebola, les services vétérinaires poursuivent leur travail de contrôle de la viande destinée à la consommation. À Sake, les carcasses font l’objet d’une inspection sanitaire avant leur mise en vente. Cette surveillance vise à garantir la qualité de la viande et à préserver la confiance des consommateurs. Face à cette situation, éleveurs, bouchers et commerçants appellent à une amélioration durable des conditions sécuritaires. Pour eux, le rétablissement de la paix et la réouverture des voies d’approvisionnement constituent des conditions essentielles à la relance de leurs activités.

La crise que traversent les filières bovine et porcine à Sake illustre les lourdes conséquences de l’insécurité sur l’économie locale. La rareté du bétail, la flambée des prix et la baisse du pouvoir d’achat fragilisent davantage les acteurs de ce secteur. Malgré ces difficultés, les professionnels continuent de maintenir leurs activités et comptent sur le retour de la sécurité et la réouverture des axes commerciaux pour redynamiser le marché.

Faustin Balezi

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