Sud-Kivu : l’impossible quotidien des parents face à la crise

À l’occasion de la Journée mondiale des parents célébrée chaque 1er juin, de nombreux ménages du Sud-Kivu témoignent des difficultés croissantes auxquelles ils font face pour subvenir aux besoins de leurs familles. Entre déplacements forcés, perte des moyens de subsistance, insécurité persistante et crise économique, des milliers de parents tentent malgré tout de faire preuve de résilience afin de protéger leurs enfants et préserver leur dignité.

Dans le territoire de Kabare, plusieurs parents déplacés expliquent avoir été contraints d’abandonner leurs activités génératrices de revenus à cause des conflits armés. L’accès limité aux terres agricoles, la perte du bétail et l’insécurité qui règne dans certaines localités ont profondément affecté leur capacité à nourrir et prendre en charge leurs familles.

Pour survivre, certains transportent des charges lourdes ou exercent des travaux occasionnels, souvent insuffisants pour couvrir les besoins essentiels du foyer. Ils lancent un appel aux organisations humanitaires afin de renforcer l’assistance alimentaire, les abris et les moyens de relance économique destinés aux ménages déplacés.

La situation est tout aussi préoccupante dans le territoire de Kalehe où la crise économique compromet l’accès à l’éducation. En cette période d’examens de fin d’année scolaire, de nombreux parents peinent à payer les frais scolaires de leurs enfants. Plusieurs sollicitent des dérogations auprès des établissements afin de permettre aux élèves de poursuivre les évaluations.

À ces difficultés financières s’ajoutent l’insécurité alimentaire, les conditions précaires de logement et l’accès limité aux soins de santé. Malgré ces obstacles, les élèves déplacés continuent de fréquenter l’école et de passer leurs examens avec détermination, illustrant une volonté remarquable de poursuivre leur parcours éducatif.

Dans le groupement de Karhongo, à Nyangezi en territoire de Walungu, certains parents affirment avoir développé des mécanismes d’adaptation pour faire face à la crise. Ils se tournent vers de petites activités commerciales, les travaux champêtres ou encore la fabrication de briques afin de générer quelques revenus.

Cependant, la fermeture de plusieurs coopératives, la perte des semences agricoles, l’abandon des champs et les restrictions de déplacement liées à l’insécurité limitent considérablement leurs possibilités de relance économique. Malgré cela, ces parents refusent de céder au découragement et continuent à chercher des alternatives pour soutenir leurs familles.

À travers ces témoignages, une réalité commune se dessine : les parents du Sud-Kivu demeurent au cœur de la résilience communautaire malgré un contexte humanitaire particulièrement difficile.

Leur engagement quotidien pour nourrir, éduquer et protéger leurs enfants souligne l’urgence d’un soutien accru en matière de sécurité alimentaire, de moyens de subsistance, d’éducation et de protection sociale.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

Benjamin Kalumuna

Related posts

Sud-Lubero : l’alerte des soignants face aux ravages des boissons fortement alcoolisées

Minova : face aux VBG, une campagne s’active pour protéger les plus vulnérables

Sud-Kivu : le calvaire des déplacés de Kabare face à une crise humanitaire majeure