Alimbongo : plus de 2 000 ménages sans eau potable face à la menace d’Ebola

Plus de 2 000 ménages de l’agglomération d’Alimbongo, au sud de Lubero, éprouvent des difficultés d’accès à l’eau potable depuis près de deux ans. Une situation qui inquiète les prestataires de soins de santé, particulièrement dans le contexte de la riposte contre Ebola.

Selon eux, cette pénurie complique le respect des mesures d’hygiène et pourrait favoriser la propagation de certaines maladies liées à la consommation d’eau insalubre. Ils appellent à une intervention urgente pour améliorer durablement l’accès à l’eau potable dans cette partie du territoire de Lubero.

À Alimbongo, les quartiers de Mambasa, Nduta, Mutetso, Vunana, Isangya, Lusinga, Ngote et Kasone figurent parmi les plus touchés par le manque d’eau potable. Selon Joseph Mbayahi, animateur communautaire de la zone de santé d’Alimbongo, certains partenaires ont déjà entrepris des actions pour répondre aux besoins de la population, notamment la réhabilitation de certaines sources et la construction de nouvelles infrastructures. Mais ces interventions restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins.

« La population n’a pas accès à l’eau dans la zone de santé, surtout ici à Alimbongo où la communauté avait fui longtemps. Nous avons essayé de trouver un partenaire qui était venu pour la réhabilitation de certaines sources endommagées et pour en construire d’autres. Maintenant, vous savez, avec les normes de l’OMS, on devrait normalement avoir une adduction d’eau qui devrait servir la population d’ici à Alimbongo. Mais les sources qui doivent être réaménagées se trouvent loin et, jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé de partenaire qui puisse s’y souscrire », explique Joseph Mbayahi.

Malgré ces efforts, plusieurs habitants sont toujours contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau potable. Une situation qui rend également difficile le respect des mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains. Au Centre de santé d’Alimbongo, cette pénurie constitue une préoccupation majeure. Janvier Kambale, infirmier titulaire de cette structure sanitaire, évoque les conséquences du manque d’eau sur la prévention des maladies et les activités de soins.

« Le manque d’eau pendant cette période d’Ebola empêche le lavage régulier des mains, qui est l’une des mesures les plus importantes pour briser la chaîne de transmission. Il empêche également le déroulement normal des activités ici au centre de santé, notamment le nettoyage du matériel, des linges et la désinfection de certaines surfaces, avec comme risque majeur la propagation du virus ».

Face à cette situation, les autorités sanitaires et les partenaires humanitaires sont appelés à renforcer leurs interventions afin de trouver des solutions durables. L’objectif est de permettre aux ménages d’Alimbongo d’accéder à une eau potable en quantité suffisante et de renforcer les mesures d’hygiène indispensables à la prévention des maladies.

Binyaki Ombeni Baba

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