Santé Ebola à Goma : un vétérinaire alerte sur les risques liés à la viande non contrôlée Admin Admin19 août 20260103 views La résurgence de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo suscite des inquiétudes au sein de la population, notamment chez les éleveurs et les consommateurs de viande. Dans ce contexte, les interrogations se multiplient sur les précautions à prendre avant de consommer de la viande de bœuf, de chèvre ou de porc. Pour Baziruwiha Jonathan, vétérinaire du groupement de Kisigari, sur l’axe Kabaya, dans le territoire de Rutshuru, la viande ne doit pas être systématiquement bannie. Il recommande toutefois aux consommateurs de privilégier les produits dont l’origine et le contrôle sanitaire sont connus. « Il n’y a pas de problème à manger de la viande, mais il faut être très prudent », explique Baziruwiha Jonathan dans une interview exclusive accordée à Habari za Mahali. Le vétérinaire recommande notamment aux consommateurs de s’approvisionner auprès de sources fiables et de privilégier les abattoirs ou points de vente où les animaux et la viande font l’objet d’un contrôle sanitaire. « N’achetez pas de viande provenant d’une source que vous ne connaissez pas », insiste-t-il. Le vétérinaire appelle également les éleveurs à éviter l’automédication de leurs animaux. Lorsqu’un animal présente des signes inhabituels de maladie, il recommande de faire appel à un professionnel afin que son état de santé puisse être correctement évalué. La vigilance doit aussi porter sur les mortalités inhabituelles au sein des élevages. Des poules, chèvres, vaches ou autres animaux qui commencent à mourir sans cause apparente doivent, selon lui, faire l’objet d’un signalement rapide auprès des services compétents. Pour l’Organisation mondiale de la Santé, la prévention du risque lié aux animaux passe notamment par l’évitement du contact avec les animaux morts ou malades, une manipulation prudente des produits animaux et une cuisson complète de la viande et du sang avant consommation. Cette surveillance s’inscrit dans l’approche « Une seule santé » (One Health), qui reconnaît les liens étroits entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement. La collaboration entre les services vétérinaires, sanitaires et les communautés est donc essentielle pour détecter rapidement les situations inhabituelles et limiter les risques. Dans ce contexte de résurgence d’Ebola, la vigilance des consommateurs et des éleveurs reste essentielle. Connaître l’origine de la viande, privilégier les circuits contrôlés, bien cuire les produits animaux et signaler toute maladie ou mortalité inhabituelle chez les animaux constituent des précautions importantes. Au-delà de la lutte contre Ebola, ces mesures contribuent plus largement à renforcer la surveillance sanitaire et à protéger les communautés face aux maladies pouvant affecter à la fois les animaux et les humains. Daniel Bahati