Education Est de la RDC : la chute libre de la performance scolaire en zone de conflit inquiète les chefs d’établissements Admin Admin12 mars 2026076 views La situation sécuritaire instable dans l’Est de la République Démocratique du Congo continue d’avoir des répercussions dans plusieurs secteurs de la vie sociale, notamment l’éducation. Dans la cité de Sake, en groupement Kamunza, les conséquences des conflits armés se font fortement sentir dans les écoles secondaires. Lors des évaluations du premier semestre de l’année scolaire 2025-2026, plusieurs établissements ont enregistré un taux élevé d’abandons et des résultats jugés non satisfaisants. Entre déplacements des familles, difficultés économiques et climat d’insécurité, élèves et enseignants tentent malgré tout de maintenir la continuité de l’apprentissage. Dans plusieurs écoles secondaires de Sake, les responsables éducatifs observent une baisse significative des effectifs et du rendement scolaire. À l’Institut MACHA, une école secondaire conventionnée islamique située au quartier Mayutsa, les effets du contexte sécuritaire sont particulièrement visibles. L’établissement, qui organise trois sections — pédagogie générale, technique sociale et agronomie générale — avait commencé l’année scolaire avec 412 élèves. Cependant, seulement 322 élèves ont finalement participé aux épreuves du premier semestre. Selon le préfet des études, Lukonge Mirimo Sharif, la principale difficulté reste la précarité des familles. La majorité des parents sont des retournés vivant dans des conditions économiques difficiles. Certains ont même choisi de quitter la zone pour s’installer dans des endroits jugés plus sûrs. Il souligne également que l’insécurité a perturbé l’apprentissage, rappelant que les élèves ont parfois suivi les cours dans un climat marqué par des crépitements de balles dans les collines environnantes. Pour améliorer les performances scolaires, il appelle à une collaboration plus active des parents avec les écoles. La situation est presque similaire à l’Institut Mululu. Le préfet des études, Kinyata Tsambali Félix, explique que son établissement, créé en 1992, avait enregistré 394 élèves inscrits au début de l’année scolaire. Lors des évaluations du premier semestre, 380 élèves ont pris part aux épreuves. Parmi eux, 311 ont réussi, tandis que 69 ont échoué et 14 ont abandonné les études. Pour faire face à ces difficultés, la direction de l’école a mis en place certains mécanismes, notamment l’invitation individuelle des parents afin de renforcer le suivi des élèves. Toutefois, le responsable regrette le manque d’implication de certains parents qui ne répondent pas toujours aux convocations. Il souligne également l’absence d’appui des partenaires éducatifs et des organisations non gouvernementales dans les écoles secondaires, contrairement à ce qui est parfois observé dans le secteur primaire. Il rappelle enfin que les récents affrontements dans la cité de Sake ont contraint plusieurs écoles à fonctionner temporairement à Goma en tant qu’écoles déplacées. Depuis le retour progressif dans la zone, certaines familles ne sont pas revenues, ce qui continue d’affecter la fréquentation scolaire et la stabilité des établissements. La situation éducative à Sake illustre clairement les conséquences des conflits armés sur la scolarité des jeunes dans l’Est de la RDC. Entre déplacements des populations, pauvreté des ménages et climat d’insécurité, les élèves évoluent dans un environnement peu favorable à la réussite scolaire. Face à ces défis, les responsables scolaires appellent à une implication accrue des parents, ainsi qu’à un soutien plus important des partenaires éducatifs, afin de préserver l’avenir des enfants et garantir la continuité de l’éducation dans cette région éprouvée par les conflits. Faustin Balezi