Education Rutshuru : à l’école Mukali, une lueur d’espoir pour les élèves malgré des défis tenaces Admin Admin2 avril 2026057 views Dans le territoire de Rutshuru, l’accès à une éducation de qualité demeure un défi majeur pour plusieurs établissements scolaires. À l’école primaire Mukali, située au quartier Mabungo dans l’agglomération de Kiwanja, une avancée notable vient d’être enregistrée dans l’amélioration des conditions d’apprentissage. Après plus de six mois passés à étudier à même le sol, une partie des élèves bénéficie désormais de nouveaux pupitres, offrant un environnement plus propice à l’apprentissage. Toutefois, cette amélioration reste partielle face aux nombreux besoins encore non satisfaits. C’est dans la cellule Kimbangu, près de l’Institut Wanda et sur la rive droite du ruisseau Musigiriza, que se trouve l’école primaire Mukali. Dans cet établissement conventionné kimbanguiste, 48 élèves sur un total de 318 peuvent désormais s’asseoir sur des bancs relativement adaptés aux normes pédagogiques. Avant cette amélioration, les conditions d’apprentissage étaient particulièrement précaires. Dans certaines salles de classe construites en planches, aucun mobilier scolaire n’était disponible, ni pour les élèves, ni pour les enseignants. Pour suivre les cours, certains enfants utilisaient des foulards, des sachets ou des babouches comme support pour s’asseoir. D’autres, faute de mieux, restaient debout pendant les leçons. Lors des exercices, les élèves écrivaient tantôt sur leurs cuisses, tantôt à même le sol, une situation qui affectait considérablement la qualité de leur apprentissage. Selon la directrice ad intérim de l’école, Furaha Ntibenda, ce manque d’équipements était principalement dû à l’insuffisance de moyens financiers. Face à cette situation critique, les enseignants ont pris l’initiative de se cotiser afin de fabriquer cinq longs bancs pour une des classes. Aujourd’hui, ces pupitres contribuent à améliorer les conditions d’apprentissage, comme le témoigne l’enseignante Kahindo Mbambu. Les élèves, désormais assis, suivent les cours dans un environnement un peu plus stable et motivant, ce qui se reflète dans leur attitude plus enthousiaste. Cependant, cette avancée reste insuffisante. L’école compte six classes et la majorité des élèves continue d’étudier dans des conditions difficiles. La directrice lance ainsi un appel aux organisations non gouvernementales et aux personnes de bonne volonté pour venir en aide à l’établissement, afin de garantir un apprentissage digne aux 318 élèves. Par ailleurs, l’école fait face à une autre menace importante : l’érosion hydrique. Ce phénomène met en danger les infrastructures déjà fragiles et risque d’aggraver davantage la situation si aucune intervention n’est envisagée. Bien que l’installation de quelques pupitres à l’école primaire Mukali constitue un pas encourageant vers l’amélioration des conditions d’apprentissage, les défis restent nombreux et urgents. Entre le manque d’infrastructures adéquates, l’insuffisance de matériel scolaire et les risques environnementaux, cette école illustre les réalités auxquelles sont confrontés de nombreux établissements en milieu rural. Une mobilisation accrue des autorités, des partenaires et des organisations humanitaires s’avère indispensable pour offrir à ces enfants un cadre d’apprentissage digne et sécurisé. John Kamate