Economie Goma : la baisse des prix soulage les ménages mais asphyxie les commerçants Admin Admin15 mai 20260196 views Depuis quelques mois, une baisse inhabituelle des prix de plusieurs produits de première nécessité est observée dans les marchés de Goma, capitale provinciale du Congo. Riz, biscuits, détergents ou encore couches pour bébés se vendent aujourd’hui à des prix largement inférieurs à ceux pratiqués il y a trois mois, avec des réductions atteignant parfois 50 %. Si cette situation représente un soulagement pour de nombreux ménages confrontés aux difficultés économiques, elle traduit malheureusement une réalité plus complexe pour les commerçants, qui dénoncent une baisse de bénéfices et la rareté de l’argent dans la circulation. Dans plusieurs quartiers et marchés de Goma, l’ambiance rappelle celle des périodes de promotions de fin d’année. Pourtant, cette fois-ci, il ne s’agit pas de soldes saisonnières, mais d’une véritable chute des prix de certains produits alimentaires et non alimentaires. Le prix du verre de riz, qui se vendait auparavant entre 700 et 1000 francs congolais, oscille désormais entre 400 et 500 francs. Certaines marques de biscuits autrefois vendues à 500 francs l’unité, sont aujourd’hui proposées à deux unités pour le même prix, tandis que d’autres variétés encore moins chères, permettent d’obtenir jusqu’à quatre biscuits pour 500 francs. Les produits non vivriers connaissent également cette tendance à la baisse. La mesure de détergent OMO, communément appelée « Murongo » coûte actuellement environ 2000 francs congolais, soit la moitié du prix pratiqué il y a quelques mois. Les couches pour bébés connaissent aussi une réduction importante, avec quatre pièces vendues à 1000 francs. Selon plusieurs vendeuses rencontrées au rond-point Jolie, autour du célèbre marché Birere, cette baisse des prix s’explique principalement par la surabondance des marchandises sur le marché, ainsi que par la multiplication de marques concurrentes. Cependant, malgré des prix attractifs, les commerçants affirment ne tirer presque aucun bénéfice de cette situation. « Nous ne bénéficions presque de rien. Avant, un sac pouvait être vendu rapidement en une seule journée, mais aujourd’hui, nous faisons plusieurs descentes sans épuiser la marchandise », se lamente une vendeuse. Du côté des consommateurs, cette baisse est accueillie avec satisfaction, même si le principal problème reste le manque de liquidités. « Aujourd’hui, avec 2000 francs, on peut acheter du détergent et laver les habits des enfants pendant plusieurs jours. Le prix du riz aussi a beaucoup baissé. Mais la grande difficulté reste l’accès à l’argent », explique une habitante de Goma. Ainsi, même si les prix deviennent plus accessibles, de nombreuses familles peinent encore à répondre à leurs besoins quotidiens, en raison de la faiblesse du pouvoir d’achat. La baisse des prix de produits de première nécessité à Goma apparaît comme un soulagement temporaire pour plusieurs ménages touchés par les difficultés économiques. Toutefois, derrière cette apparente amélioration se cache une réalité préoccupante marquée par la baisse des revenus des commerçants et la faible circulation de l’argent dans la ville. Pour de nombreux habitants, l’enjeu principal ne réside plus seulement dans la diminution des prix, mais surtout dans l’amélioration des conditions économiques permettant aux familles de retrouver un véritable pouvoir d’achat. The Joy Mwenge