Education Masisi : l’éducation des filles rurales à l’épreuve des réalités locales Admin Admin15 mai 20260206 views Dans plusieurs écoles primaires du territoire de Masisi, au Nord-Kivu, les effectifs des jeunes filles connaissent une baisse inquiétante. Entre l’insécurité, les déplacements des populations, les difficultés économiques des familles et les mariages précoces, de nombreuses filles abandonnent le chemin de l’école. Les responsables de certains établissements scolaires tirent la sonnette d’alarme face à cette situation, qui menace l’avenir éducatif des jeunes filles en milieu rural. À l’école primaire Hodari, une diminution du nombre de filles inscrites est observée depuis plusieurs mois. Selon Neema Hamuli, Directrice de cette école, plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment la pauvreté des ménages et les déplacements répétés des familles, causés par l’instabilité sécuritaire dans certaines zones du territoire. Au-delà des déplacements, dans plusieurs communautés rurales, les jeunes filles sont souvent victimes de marginalisation et d’exploitation économique. Certaines sont contraintes d’abandonner l’école pour participer aux activités ménagères ou génératrices de revenus, afin de soutenir leurs familles. Le même constat est fait à l’École primaire conventionnée catholique Sainte Cécile. Sa directrice, Shamamba Espérance évoque également les mariages précoces comme l’une de principales causes de déscolarisation des filles dans la région. À ces difficultés s’ajoute la crise financière qui touche plusieurs parents, incapables de payer les frais scolaires. Cette situation pousse certaines familles à privilégier la scolarisation des garçons au détriment des filles. Face à cette réalité, plusieurs acteurs éducatifs estiment qu’il est nécessaire de renforcer les campagnes de sensibilisation sur l’importance de l’éducation de la jeune fille. Ils recommandent également un accompagnement des familles vulnérables, la lutte contre les mariages précoces, ainsi que l’amélioration de la sécurité dans les zones affectées par les conflits. L’éducation des jeunes filles reste un défi majeur dans le territoire de Masisi, où l’insécurité et la précarité fragilisent davantage le système éducatif. Malgré les efforts de certaines écoles et des acteurs communautaires, de nombreuses filles continuent d’être privées de leur droit à l’éducation. Pour garantir un avenir meilleur à cette jeunesse féminine, les autorités, les partenaires éducatifs et les communautés locales sont appelés à unir leurs efforts afin de maintenir les filles sur le chemin de l’école, malgré les difficultés du contexte rural et sécuritaire. Georges Balingene