Economie Société Goma : la cherté de la vie asphyxie les ménages Admin Admin16 octobre 20260269 views La hausse des prix des denrées alimentaires continue de peser sur le quotidien des habitants de Goma. Haricots, pommes de terre, poissons et autres produits de première nécessité deviennent de moins en moins accessibles pour plusieurs ménages, dont le pouvoir d’achat reste limité. Sur les marchés, consommateurs et vendeurs expriment leurs inquiétudes face à cette situation, qu’ils associent notamment aux difficultés d’approvisionnement, à l’insécurité et à la baisse de la production agricole. Pour les consommateurs, cette hausse des prix impose des choix difficiles dans la gestion du budget familial. Un habitant rencontré sur le marché explique que la mesure de haricots se vend actuellement à 4 000 francs congolais (FC). Avec un capital de seulement 5 000 FC, il préfère se tourner vers les légumes, plus accessibles selon ses moyens. « Pour acheter les haricots, je dois aussi avoir de l’argent pour acheter les pommes de terre. Pourtant, il me faut au total 20 000 FC, alors que je ne dispose que de 5 000 FC », déplore-t-il. Face à cette situation, il affirme avoir cessé d’acheter des haricots depuis la hausse des prix et privilégier désormais une demi-cossette de petits pois secs à 2 000 FC. Du côté des vendeurs, les difficultés sont également palpables. Des commerçantes de poissons indiquent qu’un carton coûte désormais 25 dollars américains, au taux de 2 500 FC pour un dollar. Elles évoquent les difficultés d’approvisionnement liées à l’insécurité dans les zones de provenance des produits. Selon ces vendeuses, les tentatives d’approvisionnement dans des localités comme Nyakakoma et Vitshumbi n’ont pas permis de résoudre le problème, les prix y étant également élevés. Cette situation réduit leurs marges bénéficiaires et complique la poursuite de leurs activités commerciales. La hausse concerne aussi les pommes de terre. Un vendeur rencontré sur le marché attribue cette situation à l’insuffisance des récoltes dans le territoire de Masisi, qu’il met notamment sur le compte du fort ensoleillement. Il évoque également le déplacement de plusieurs cultivateurs en raison de la guerre. Selon son témoignage, un sac de pommes de terre qui se vendait auparavant entre 130 000 et 140 000 FC se négocie désormais autour de 110 dollars américains. Les vendeurs de haricots, eux aussi, s’inquiètent de l’évolution des prix. Une commerçante indique qu’en septembre, les haricots en provenance de Masisi s’achetaient au marché de Birere entre 3 500 et 3 700 FC la mesure. Elle s’interroge sur le prix auquel elle pourra revendre sa marchandise tout en tenant compte des coûts d’achat et des autres dépenses liées à son commerce. À Goma, la hausse des prix des denrées alimentaires constitue une préoccupation aussi bien pour les consommateurs que pour les commerçants. Alors que les ménages réduisent leurs achats ou se rabattent sur des produits moins coûteux, les vendeurs font face à des difficultés d’approvisionnement et à des marges bénéficiaires incertaines. Dans ce contexte, l’amélioration de la sécurité dans les zones de production, la relance des activités agricoles et la facilitation de l’approvisionnement des marchés figurent parmi les enjeux à considérer pour rendre les produits alimentaires plus accessibles à la population. Annette Bahati