Goma : quand le prix de frêtins va dans le sens contraire de l’économie locale

Le prix des frêtins (Sambaza) connait une variation importante, mettant en mal l’économie des populations locales dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.

Pour cause, ce produit, pourtant de première nécessité, se fait de plus en plus rare dans les eaux du lac Kivu, faisant grimper le prix sur les marchés depuis la mois de juillet dernier.

Une vendeuse rencontrée sur son lieu de travail à Kituku, attribue cette hausse de prix par une forte tempête observée sur le lac Kivu.

« Le prix de Sambaza monte selon sa disponibilité. S’il y a une forte tempête, ils sont introuvables et là, on fait monter le prix. Ça ne dépend pas du dollar car on s’approvisionne en Franc congolais. Tout le mois de juillet, le prix était à la hausse. Le prix montre à cause de la tempête dans le lac », explique cette vendeuse.

Consécutivement à cette situation, une quantité qui se négociait entre 3 500 FC et 5000 FC, elle se vend entre 10 000 et 15 000 FC. Cette variation penalise les vendeurs, qui peinent à subvenir aux besoins de leurs familles.

« On prend soin de nos enfants sans aucun souci avec des frêtins. Mais aujourd’hui, nous travaillons pour ceux qui nous vendent en gros », se sont plaints ces vendeurs.

Les clients ne comprennent toujours pas cette réalité. Pour eux, l’heure est mal choisie pour cette hausse de prix, s’appuyant sur leur difficulté financière.

« Je suis étonné en arrivant au marché de Kituku et trouvé que les sambaza que les Sambaza sont chers, alors que c’est le dernier espoir quand je n’ai pas l’argent. Avant, 1 kg était à 5000 FC, mais aujourd’hui, c’est à 10 000FC », s’est lamenté un parent qui refuse de comprendre la situation.

« Ce n’est pas le moment de hausser le prix de quelque chose à cause des difficultés que nous traversons. Le Sambaza est le seul aliment de refuge quand on n’a pas d’argent. Nous ne savons quoi faire dans cette période », a lâché un autre parent, visiblement dépassé par cet événement.

Ibrahim Lukoo

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