Journée mondiale de l’épargne : en période de crise, « il faut investir dans la sécurité et l’autonomie », (Prof Dady Saleh)

Dans un contexte d’instabilité économique, l’investissement dans l’autonomie alimentaire constitue une forme d’épargne durable. C’est ce qu’a indiqué le Professeur Docteur Dady Saleh, à l’occasion de la Journée mondiale de l’épargne, célébrée chaque 31 octobre. Cet analyste des questions économiques a livré son expertise sur les bonnes pratiques d’épargne en temps de crise, dans une interview exclusive accordée à Habari Za Mahali.

Interrogé sur les stratégies à adopter alors que certaines institutions financières, banques et coopératives restent fermées, l’économiste a insisté sur la priorité à la sécurité financière immédiate.

« En temps de crise, il faut savoir prioriser la sécurité financière immédiate, c’est avoir de quoi subvenir à ses besoins essentiels pendant un à trois mois. Il faut diversifier les formes d’épargne, éviter de tout garder au même endroit, réduire les dépenses non essentielles et éviter la spéculation sur les dettes », a-t-il expliqué.

 

Et d’ajouter :
« Nous conseillons d’investir dans des potagers, l’élevage domestique des poules, coqs, petits animaux, bref, dans tout ce qui permet de garantir l’autosuffisance. Il faut aussi miser sur la formation et la solidarité communautaire, car l’objectif reste de survivre à la crise et de préparer le redémarrage », précise Dady Saleh.

Abordant la question des Activités génératrices de revenus (AGR), il reconnaît leur utilité, tout en appelant à la prudence.

« Les AGR, comme l’élevage ou les petits projets, marchent très bien, mais il faut s’assurer d’avoir d’abord une base de sécurité financière. Si les banques sont fermées et que vous manquez de liquidités, il sera difficile d’écouler vos biens. L’essentiel est d’investir dans des activités ou des biens rapidement convertibles en argent », insite le Professeur.

Instituée en 1924 à Milan, la Journée mondiale de l’épargne vise à promouvoir la culture de l’économie et la gestion prudente des ressources. Elle rappelle que l’épargne, même minime, demeure un pilier essentiel pour le bien-être des ménages et la stabilité économique des communautés.

Magloire Mutulwa

Related posts

Nyiragongo : le recours au secteur informel, stratégie de survie d’élèves

Rutshuru : l’économie des personnes vivant avec handicap en péril à Kiringa

Sud-Kivu : l’envolée des prix plonge des milliers de foyers dans la précarité