Kanyabayonga : la mort en série des chèvres frappe de plein fouet l’économie des ménages

À Kanyabayonga, dans le sud du territoire de Lubero, les éleveurs sont confrontés depuis mars 2026 à une recrudescence de la mortalité des chèvres. Cette situation, attribuée à une maladie qui touche les petits ruminants, entraîne d’importantes pertes économiques et menace les moyens de subsistance de nombreuses familles. Les services vétérinaires appellent au respect des mesures de prévention pour freiner la propagation de l’épizootie.

Autrefois signe d’une activité d’élevage florissante, les bêlements des chèvres sont désormais associés à l’inquiétude des éleveurs de Kanyabayonga. Plusieurs ménages voient leurs troupeaux décimés en quelques semaines.

C’est le cas de Kasereka Tajiri, qui affirme avoir perdu quatre de ses dix chèvres depuis le début du mois de mars. « La maladie commence par des plaies dans la bouche, suivies d’écoulements au niveau du nez, puis de diarrhées. Les animaux finissent par mourir. J’ai déjà perdu quatre chèvres », témoigne-t-il.

Cette situation affecte durement les familles qui dépendent de l’élevage pour leurs revenus. Saïda Mbambu explique que la disparition progressive de son cheptel compromet la prise en charge des besoins essentiels de son ménage, notamment la scolarisation des enfants.

« Nous vivons en grande partie grâce à nos animaux. Aujourd’hui, nous n’avons presque plus de bétail. Les enfants ont dû interrompre leur scolarité faute de moyens, et nous ne savons plus comment faire face à cette situation », déplore-t-elle.

Face à cette recrudescence de la maladie, le vétérinaire Mumbere Kaniki Grâce recommande aux éleveurs de renforcer les mesures sanitaires. Il préconise notamment l’isolement des animaux malades, la limitation des contacts entre les troupeaux et la vaccination des animaux sains lorsque celle-ci est disponible.

Le spécialiste invite également les éleveurs à faire soigner rapidement les animaux présentant des symptômes afin de limiter les pertes. Par ailleurs, il déconseille formellement la consommation de viande provenant d’animaux retrouvés morts et recommande de consulter un vétérinaire au moindre doute. Cette vigilance est d’autant plus importante que les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri restent confrontées à des risques sanitaires nécessitant le strict respect des mesures de prévention.

La recrudescence de la mortalité des chèvres à Kanyabayonga constitue un défi majeur pour les ménages vivant de l’élevage. En attendant une meilleure maîtrise de la maladie, les vétérinaires insistent sur l’application rigoureuse des mesures de prévention afin de protéger les troupeaux et de préserver les moyens de subsistance des familles.

Augustin Tsongo

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