Education Kiwanja : face à la crise, les écoles privées volent au secours des parents Admin Admin6 juin 20260184 views À l’approche des examens de fin d’année scolaire, de nombreux parents d’élèves de Kiwanja font face à des difficultés financières qui compromettent la participation de leurs enfants aux épreuves certificatives. Pour éviter les abandons et favoriser le maintien des élèves à l’école, plusieurs établissements privés ont mis en place des mécanismes de soutien destinés à aider les familles à honorer progressivement les frais scolaires. Parmi les initiatives saluées par les parents figure celle du Complexe scolaire Gouadeloup/Eben-Ezer de Kiwanja. Selon son gestionnaire, le Révérend Joyeux Muhawenimana Bénédiction, l’établissement collabore avec un partenaire qui offre des travaux journaliers dans un champ agricole aux parents en difficulté. « Pour gérer les cas d’insolvabilité chez nous, nous avons un partenaire qui propose des travaux journaliers dans un champ. Le parent qui y travaille reçoit un revenu partagé en deux parts : l’une pour ses besoins personnels et l’autre destinée au paiement des frais scolaires. Nous avons calculé que si chaque parent verse au moins 3 200 francs congolais par semaine, il peut payer environ 5 dollars américains par mois. Ce système a beaucoup aidé les parents », explique-t-il. D’autres écoles privées, tant primaires que secondaires, ont également développé des stratégies similaires. Certaines acceptent notamment d’acheter les récoltes ou les produits des parents à des prix supérieurs à ceux pratiqués sur le marché local. Des parents témoignent des avantages de ces mesures. « En cette période de crise économique, certains préfets et directeurs nous achètent une mesurette de haricots à 2 500 francs congolais au lieu de 2 000 francs sur le marché. Lorsqu’il y a un problème de paiement des frais scolaires, les responsables des écoles nous accordent des dérogations afin que nos enfants ne manquent pas les examens. Même une poule qui coûterait 6 dollars sur le marché peut être achetée à 10 dollars par l’école », racontent-ils. Malgré ces efforts, les responsables scolaires reconnaissent que les difficultés persistent. Certains parents attendent les derniers mois de l’année scolaire pour régulariser leur situation, ce qui complique la gestion financière des établissements et perturbe leur fonctionnement. Face à la précarité économique qui touche de nombreuses familles à Kiwanja, les écoles privées démontrent leur volonté de préserver le droit à l’éducation en mettant en place des mécanismes de solidarité adaptés aux réalités locales. Bien que ces initiatives contribuent à réduire les cas d’insolvabilité et à maintenir les élèves sur le chemin de l’école, les défis financiers demeurent importants et nécessitent une implication accrue de toutes les parties prenantes pour garantir une scolarité sereine aux enfants. Vianney Watsongo