Kiwanja : polémique autour du commerce de crêpes par des vacanciers

À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, plusieurs élèves profitent de leurs vacances scolaires pour se lancer dans de petits commerces, notamment la vente de chapati. Au petit marché de Mabungo, sur la route Kiwanja-Ishasha, ces jeunes sont visibles jusque dans la soirée, espérant ainsi subvenir à certains de leurs besoins. Une situation qui inquiète les défenseurs des droits de l’enfant, qui appellent les parents à davantage assumer leurs responsabilités.

Il est environ 19 heures au petit marché de Mabungo. Devant un point de vente de chapati, des clients se succèdent pour acheter cette spécialité très prisée. Parmi les vendeurs, on retrouve des élèves qui ont choisi de consacrer une partie de leurs vacances scolaires à cette activité commerciale. Pour ces jeunes vacanciers, cette initiative répond à plusieurs motivations.

Certains expliquent vouloir apprendre à travailler et à devenir autonomes, tandis que d’autres cherchent surtout à éviter de passer leurs journées à circuler dans le quartier. Selon Niyonzima Ngenda Efrem, l’un des jeunes concernés, les revenus peuvent atteindre entre 21 000 et 31 000 francs congolais par jour, selon les ventes réalisées.

Les bénéfices obtenus servent principalement à répondre à leurs besoins personnels et familiaux. Les élèves expliquent notamment utiliser cet argent pour acheter des vêtements et des chaussures, contribuer aux dépenses scolaires et apporter une aide à leurs familles.

Cependant, cette situation est dénoncée par Elimu Hangi Faustin, défenseur des droits de l’enfant dans le territoire de Rutshuru. Pour lui, le fait que des enfants soient contraints de se livrer à des activités économiques pendant leurs vacances constitue une violation de leurs droits et peut être sanctionné par la législation congolaise.

Il appelle ainsi les parents à prendre leurs responsabilités en assurant les besoins essentiels de leurs enfants, notamment leur habillement, leur scolarité et les autres nécessités de la vie quotidienne. Cette pratique semble d’ailleurs prendre de l’ampleur à Kiwanja. Plusieurs élèves se seraient lancés dans ces petits commerces depuis le début des vacances scolaires, selon les témoignages recueillis.

À Kiwanja, la vente de chapati permet à certains élèves d’acquérir une expérience du travail et de générer des revenus pendant les vacances. Mais derrière cette apparente autonomie se pose la question de la responsabilité des parents et de la protection des droits de l’enfant. Les acteurs de défense des droits de l’enfant appellent donc les familles à veiller à ce que les enfants puissent profiter de leurs vacances sans être exposés à des activités économiques susceptibles de compromettre leur protection et leur bien-être.

Hategeka Ineza Tedjo

Related posts

Ebola au Nord-Kivu : l’engrenage des réseaux sociaux, entre info et intox

Kamanyola : un soutien financier pour renforcer l’autonomie de 300 ménages vulnérables

Kiwanja : la DFJ accompagne les femmes vulnérables à travers un « espace sûr »