Société Kiwanja : une femme déplacée réinvente son quotidien grâce à la cordonnerie Admin Admin16 août 2026097 views À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, certains déplacés tentent de reconstruire leur vie grâce aux activités génératrices de revenus. C’est le cas de Devotte Jeannine, une déplacée venue de la chefferie de Bwito, qui s’est lancée depuis plusieurs années dans la cordonnerie. À travers son travail, cette mère de cinq enfants parvient à subvenir aux besoins de sa famille, et encourage ses pairs à éviter l’oisiveté. Devant la porte de sa maison, située à l’entrée du marché central de Kiwanja, Devotte Jeannine aiguise son crochet sur une pierre avant de poursuivre son travail. Mariée et mère de cinq enfants, elle pratique la cordonnerie depuis une dizaine d’années. Son intérêt pour ce métier est né d’une expérience personnelle. Elle faisait régulièrement réparer ses chaussures chez d’autres cordonniers, une situation qui lui occasionnait des dépenses. Son époux, lui-même cordonnier, lui a alors appris le métier à sa demande. Depuis son arrivée à Kiwanja, cette activité lui permet de résister aux difficultés liées à son déplacement, et de répondre à plusieurs besoins de sa famille. Elle répare notamment des chaussures pour hommes et femmes, mais aussi des bassins, des seaux et des parapluies. Grâce aux revenus tirés de son activité, Devotte Jeannine affirme avoir déjà pu acheter trois gorets et contribuer régulièrement aux dépenses de son ménage. Malgré les difficultés auxquelles elle reste confrontée dans l’exercice de son métier, cette déplacée ne baisse pas les bras. Elle rejette notamment l’idée selon laquelle la cordonnerie serait un métier exclusivement réservé aux hommes. Pour elle, les femmes doivent également oser apprendre des métiers et développer des activités susceptibles de leur permettre de gagner leur vie. Elle invite ainsi ses pairs à privilégier l’entraide, à apprendre des métiers et surtout, à ne pas céder à l’oisiveté. L’expérience de Devotte Jeannine illustre la capacité de certains déplacés à développer des mécanismes de résilience malgré les difficultés liées à leur situation. À travers la cordonnerie, elle contribue aux besoins de sa famille, tout en préparant son avenir. Elle indique également épargner une partie de ses revenus dans une AVEC (Association villageoise d’épargne et de crédit, Ndlr). Son ambition est désormais d’acquérir prochainement une parcelle grâce aux revenus de son activité. Son parcours constitue ainsi un encouragement à l’autonomisation économique des femmes et un appel à transformer les compétences professionnelles en opportunités de subsistance. John Kamate