Le recours forcé à l’eau non potable inquiète à Goma

Dans plusieurs quartiers de la ville de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo, certaines populations continuent de s’approvisionner directement en eau du Lac Kivu sans traitement préalable. Cette pratique, liée notamment au manque de robinets et de bornes fontaines dans plusieurs coins de la ville touristique, inquiète les professionnels de santé qui mettent en garde contre les risques élevés de maladies hydriques.

Au quartier Lac Vert, sur l’avenue CCLK, de nombreux habitants vivant à proximité du lac se rendent quotidiennement au bord du Lac Kivu pour y puiser de l’eau destinée à la consommation domestique. Sur place, certains parviennent à s’approvisionner lorsque la personne chargée de chlorer l’eau est présente. Cependant, plusieurs habitants dénoncent l’irrégularité de cette opération de chloration.

Faute d’alternative, de nombreuses familles repartent avec de l’eau non chlorée, qu’elles utilisent telle quelle pour les besoins quotidiens. Une mère de famille rencontrée sur les lieux explique que faire bouillir l’eau à domicile reste difficile pour beaucoup de ménages. « Faire bouillir l’eau à 100 degrés coûte cher, surtout avec la situation économique actuelle », confie-t-elle, évoquant les difficultés que traverse la population de la ville.

Pourtant, selon un personnel soignant interrogé par le reporter de Habari za Mahali, la consommation d’une eau non traitée constitue un danger sérieux pour la santé publique. L’infirmier titulaire du Centre de Santé CCLCA, Corneil Bihura Ita, souligne que l’eau puisée directement dans le lac peut contenir des microbes responsables de maladies hydriques. Il recommande vivement de traiter l’eau par chloration ou de la faire bouillir avant toute consommation afin de réduire les risques sanitaires.

Face à cette situation, le personnel médical appelle à une implication accrue des partenaires humanitaires et des autorités locales afin d’assurer une disponibilité permanente du chlore pour le traitement de l’eau.

De son côté, le chef du quartier Lac Vert, Dedesi Mitima Jean, insiste sur la nécessité de renforcer la sensibilisation communautaire. Selon lui, informer la population sur l’importance du traitement de l’eau du lac constitue une étape essentielle pour limiter la propagation des maladies hydriques dans la zone.

L’accès limité à l’eau potable dans certains quartiers de Goma pousse encore de nombreux habitants à consommer de l’eau non traitée du Lac Kivu, au risque de compromettre leur santé. Dans un contexte marqué par des difficultés économiques et des infrastructures insuffisantes, les professionnels de santé, les autorités locales et les partenaires humanitaires appellent à des actions urgentes pour améliorer l’accès à l’eau potable et renforcer la sensibilisation sur le traitement de l’eau au sein des communautés.

Ibrahim Lukoo

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