Lubero – Éducation en détresse : des familles retournées et déplacées peinent à maintenir leurs enfants à l’école

À Kanyabayonga, dans le territoire de Lubero, la première période de l’année scolaire 2025-2026 touche à sa fin. Pourtant, pour de nombreuses familles retournées ou déplacées par la guerre, impossible de se réjouir de cette étape. Elles s’interrogent, angoissées : leurs enfants pourront-ils vraiment continuer l’école ?

Dans une région durement éprouvée par les conflits armés, parents résidents comme déplacés affrontent tous les mêmes obstacles : scolarité coûteuse, moyens de subsistance détruits, divergence des taux de change, inflation incontrôlée. L’éducation, pourtant obligatoire et porteuse d’avenir, devient un luxe difficilement accessible.

« Payer la scolarité est devenu un combat. La crise ne nous lâche pas, et le taux de change change d’un jour à l’autre : ce que l’école exige ne correspond plus à ce que nous gagnons au marché », confie Gabriel Katsamu, père de famille.

Une mère, la voix tremblante, résume son dilemme : « Nous avions du bétail avant la guerre. Tout a été pillé. Aujourd’hui, les enfants vont à l’école mais nous ne savons pas s’ils pourront continuer. Les fournitures coûtent cher, les frais augmentent… Que devons-nous choisir ? Apprendre ou survivre ? »

Dans cette réalité accablante, chaque journée d’école devient un exploit. Certains parents vendent quelques racines de manioc ou de patates douces pour rassembler une avance. D’autres envisagent, le cœur lourd, d’interrompre la scolarité.

Tous lancent un cri commun à l’État : mettre fin à la guerre, stabiliser le taux de change, soutenir les enseignants, alléger le fardeau éducatif.

Sans soutien public, ces familles déjà brisées par la guerre craignent de voir leurs enfants condamnés à un avenir sans horizon.

Lucifer Shahuku

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