Nyamilima : les commerçants retournés fragilisés par la coupure des réseaux

Depuis près d’un an, des familles revenues d’Ouganda et d’autres localités de la province du Nord-Kivu, ont choisi de se réinstaller dans leurs villages dans le groupement de Binza, notamment à Nyamilima. Pour assurer leur survie, beaucoup se sont lancés dans le petit commerce. Mais aujourd’hui, leurs activités traversent une crise profonde.

« Je suis revenue du camp de Rwamanja, il y a une année. J’achetais trois cartons de savon et six boîtes de sel pour les revendre au marché afin de nourrir ma famille. Actuellement, ça ne marche plus. Même en vendant du poisson salé, cela fait plus d’une semaine sans client. Il n’y a pas d’argent », témoigne une commerçante rencontrée par Habari za Mahali.

Selon plusieurs commerçants, la suspension des réseaux téléphoniques et de l’internet à Nyamilima a aggravé la situation. Les communications, essentielles pour passer des commandes et organiser les livraisons, sont désormais impossibles.

« Depuis longtemps, on commandait des marchandises par téléphone. Aujourd’hui, il faut voyager. Avant, les marchandises arrivaient directement à la maison, mais maintenant, on ne sait plus se communiquer », explique un autre retourné.

Les services de transfert d’argent comme Airtel money, Orange money ou M-pesa jouaient un rôle clé dans les échanges commerciaux. Ils permettaient aux commerçants de payer leurs fournisseurs et de recevoir leurs marchandises sans se déplacer. Avec la coupure des réseaux, ces transactions sont devenues impossibles.

Privés de ces outils modernes, les commerçants sont contraints de recourir à des méthodes traditionnelles : envoyer des notes ou voyager eux-mêmes pour régler leurs affaires. Ces déplacements augmentent les coûts et les risques, fragilisant davantage des activités déjà précaires.

Cette crise ne touche pas seulement les petits commerçants retournés, mais aussi l’ensemble de la population de Nyamilima. Les habitants constatent une raréfaction des produits de base, et une aggravation des difficultés économiques.

Pour beaucoup, la coupure des réseaux ramène la région « à la case départ », freinant les efforts de réintégration et de survie des familles revenues d’exil.

Jean Harerimana Sesore

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