Sud-Lubero : des enseignants contraints à parcourir des kilomètres pour toucher leur salaire

Privés de connexion internet depuis un mois, les enseignants du Sud-Lubero vivent un véritable calvaire pour accéder à leur salaire via mobile money. Entre longues distances, frais supplémentaires et journées perdues, leur quotidien est devenu un parcours d’obstacles.

Depuis la coupure des réseaux dans le Sud-Lubero, les populations de cette région traversent une période difficile. Les enseignants, dont le salaire transite par les agences de mobile money, sont parmi les plus touchés.

Faute de connexion dans leurs villages, certains doivent se rendre à Kirumba, où le signal Vodacom subsiste sur deux collines. C’est là que les agents de mobile money concentrent leurs activités.

Mais ce déplacement coûte cher : les enseignants paient d’abord les frais de retrait imposés par Vodacom, puis une somme supplémentaire exigée par certains agents, sans explications claires.

« Aujourd’hui, c’est une catastrophe pour nous qui vivons dans les milieux ruraux sans connexion. Pour accéder à notre salaire, il faut parfois marcher sept kilomètres », témoigne un enseignant.

D’autres dénoncent le comportement de certains agents chargés de la paie, qui réclament une part du salaire pour permettre l’accès aux fonds.

Une enseignante appelle le gouvernement à rétablir rapidement les réseaux dans la zone afin d’éviter ces abus, et de permettre aux enseignants de se consacrer pleinement à leur mission.

Il faut rappeler que certains enseignants passent plus de deux jours loin de leurs écoles, uniquement pour chercher leur salaire, au détriment de leurs élèves et de la qualité de l’enseignement.

Volonté Kalindera

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