Octobre Rose : le dépistage précoce, un levier crucial contre le cancer du sein

Chaque mois d’octobre, la campagne « Octobre Rose » mobilise des millions de personnes à travers le monde dans la lutte contre le cancer du sein. En République démocratique du Congo (RDC), cette mobilisation revêt une importance particulière face à la progression alarmante de la maladie, notamment chez les femmes.

Lancée en 1985, cette initiative mondiale vise à sensibiliser l’opinion publique à l’importance du dépistage précoce, seul moyen efficace de réduire les cas de décès liés à cette pathologie. Le cancer du sein reste aujourd’hui l’un des cancers les plus répandus dans le monde, touchant majoritairement les femmes, bien que les hommes puissent également en être affectés.

Une maladie silencieuse mais agressive

« Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Il est lié à plusieurs éléments comme l’âge, le mode de vie, l’hérédité ou encore le manque d’activité physique », explique Dr Élizabeth Mishika, coordinatrice de la Fondation Élisabeth Mishika (FEM).

Selon elle, contrairement à certaines idées reçues, les jeunes femmes ne sont pas épargnées , Même les femmes de moins de 40 ans peuvent être concernées.

La gravité de cette maladie réside notamment dans son évolution silencieuse. Les premiers signes peuvent passer inaperçus : une petite boule dans le sein, des changements au niveau de la peau ou encore la présence de ganglions sous les aisselles. « Le danger, c’est qu’elle évolue souvent à bas bruit. C’est pourquoi, le dépistage précoce est la meilleure arme pour sauver des vies », insiste le Dr Mishika.

Une situation préoccupante en RDC

En RDC, les chiffres sont particulièrement inquiétants. Selon les données du ministère de la Santé publiées en 2022, 55 % de cas de cancer diagnostiqués concernent le sein et le col de l’utérus, avec un taux de mortalité dépassant les 60 %.

Le Nord-Kivu arrive en deuxième position après Kinshasa en termes de prévalence. Dr Mishika alerte : « Au moins une femme sur huit est à risque de développer un cancer du sein. C’est pourquoi, il est recommandé de faire un examen mammaire au moins une fois par an ».

Promouvoir la culture du dépistage

Face à cette réalité, la Fondation FEM milite pour une culture du dépistage régulier, gage d’une meilleure prise en charge. « J’encourage toutes les femmes dès l’âge de 25 ans, à se faire examiner les seins au moins une fois l’an », plaide la médecin.

Le message d’Octobre Rose est clair : informer, prévenir et détecter à temps. Les autorités sanitaires et les organisations locales appellent à une mobilisation collective pour briser les tabous, vaincre la peur et sauver des vies.

The Joy Mwenge

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