Rutshuru : la baisse des prix des denrées alimentaires assombrit les fêtes de fin d’année des agriculteurs

À quelques jours de fêtes de fin d’année, l’ambiance n’est pas à la célébration dans plusieurs marchés du groupement de Kisigari en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Alors que les marchés regorgent des produits vivriers, les agriculteurs, eux, peinent à sourire.

La baisse de prix de certaines denrées alimentaires bouleverse depuis plusieurs mois les revenus des agriculteurs, et compromet les préparatifs des fêtes de fin d’année dans les ménages paysans.

« Quand on devient agriculteur, on fait le champ. Les récoltes ont perdu de valeur… Nous vendons mais nous ne savons pas où va le tout. Nous récoltons mais pas pour exportation, tout reste ici à Goma ou à Rutshuru », déplore une agricultrice.

Ces agriculteurs qui soulèvent cette baisse, disent être confrontés aux défis d’accès aux marchés extérieurs, mauvais état des routes principales et sont obligés de vendre vite et à bas prix, pour soulager leurs dépendants en cette période festive.

« Avant la guerre, la vie était aisée, les productions de champ coûtaient bien. La guerre a tout détruit. Tu as un sac des haricots, on te dit une mesure coûte 1500fc. Comment sauras-tu habiller ta famille ? », a déclaré un père de famille, dans une situation inquiétante.

Dans les milieux agricoles de Rubare, Kako, Kalengera et Biruma en territoire de Rutshuru, les marchés sont bien approvisionnés en maïs, haricots, manioc et autres denrées.

« La baisse des prix des denrées alimentaires affecte depuis plusieurs mois les activités agricoles. Cette situation défavorise les bons préparatifs de fêtes de fin d’année », explique un autre agriculteur.

Pour beaucoup de ménages agricoles, cette baisse est dûe à la crise économique en défilement qui s’observe dépuis la résurgence de la guerre, qui provoque la circulation réduite des acheteurs de différentes zones.

« Celui qui croit encore que l’agriculture est une AGR, détrompez-vous. Il se pourrait qu’il n’y a plus d’exportations comme avant », alerte une agricultrice.

Vu ce choc, les préparatifs de fêtes de fin d’année ont été revus à la baisse, comme témoigne cette agricultrice, qui demande la valorisation de travail.

Moïse Mfaume depuis Rutshuru

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