Sécurité Rutshuru : l’insécurité plonge l’agriculture dans l’impasse Admin Admin9 janvier 20260201 views Le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, fait face à une baisse notable de l’activité économique, particulièrement dans les zones rurales. Cette situation est consécutive à la dégradation du contexte sécuritaire qui a entraîné l’arrêt des activités de plusieurs coopératives agricoles, autrefois essentielles à la dynamique économique locale. Selon les analyses d’un ingénieur en développement rural, l’absence de projets de développement durable portés par les organisations humanitaires, constitue un frein majeur à la stabilisation économique de la zone. Ces projets jouaient un rôle clé dans l’encadrement des agriculteurs, et dans l’amélioration de leurs moyens de subsistance. Maombi Bikengimana, Directeur général de l’Institut supérieur de développement rural des Grands-Lacs (ISDR-GL) à Rutshuru, estime que cette baisse de l’activité économique contribue directement à l’augmentation de la pauvreté dans la région. Il attribue cette réalité au retrait des partenaires agricoles et à la disparition progressive de certaines filières agricoles autrefois soutenues, notamment celles du cacao, du café, du maïs et du soja. La culture du soja, en particulier, connaît un net recul en raison de sa faible productivité actuelle. Face à cette crise, Maombi Bikengimana appelle les habitants de Rutshuru à s’engager dans des Activités génératrices de revenus, et exhorte les organisations humanitaires à renforcer leur intervention à travers des projets de développement durable, afin d’aider la population à surmonter cette période difficile. « Dans l’ancien temps, la population vivant du secteur agricole était toujours bénéficiaire de certains avantages. Il y avait des projets qui accompagnaient les gens qui cultivaient, par exemple, le cacao et le café, ainsi que les cultivateurs de maïs. Il y avait aussi des personnes qui accompagnaient ceux qui cultivaient le soja. Mais ce qui est un peu compliqué, c’est que même la culture du soja a tendance à disparaître, car cette culture n’est plus productive », a-t-il déclaré. Cette morosité économique a également des conséquences sur le secteur de l’enseignement supérieur. Selon le Directeur général de l’ISDR-GL, le taux d’abandon des étudiants est en hausse dans plusieurs institutions supérieures, une situation liée aux difficultés financières des familles. Par ailleurs, la saison culturale A 2025 – 2026 n’a pas été satisfaisante dans plusieurs territoires de l’Est de la République démocratique du Congo, notamment à Nyiragongo, Masisi et Rutshuru. L’insécurité persistante et les déplacements massifs de populations ont empêché de nombreuses familles d’accéder à leurs champs, réduisant considérablement les activités agricoles. Malgré les efforts fournis par certains producteurs, les rendements sont restés faibles et inégaux. Signalons qu’à Rutshuru, la population essentiellement agricole, s’enfonce dans une précarité alarmante. Privés d’un accompagnement technique adéquat et de partenariats solides, les agriculteurs voient leurs revenus s’effondrer. Ce déclin est accentué par une chute des cours sur les marchés locaux, piégeant les ménages dans une crise économique profonde. Isaac Makuta