Education Rutshuru : quand la craie résiste aux ruines de l’EP Rusayo Admin Admin13 mars 2026066 views Depuis 2022, l’École primaire Rusayo, située dans le groupement de Kisigari, localité de Bugina, dans la sous-division de Rutshuru 3, traverse une situation particulièrement difficile. La destruction de plusieurs salles de classe a plongé enseignants et écoliers dans des conditions précaires d’apprentissage. Quatre ans après les faits, la communauté éducative continue de faire face à de nombreux défis. Le directoire de l’établissement lance aujourdhui un appel urgent aux organisations œuvrant dans le secteur de l’éducation afin de soutenir la réhabilitation de cette école. Selon les responsables de l’EP Rusayo, la destruction de trois salles de classe a profondément affecté la scolarité des enfants ainsi que le moral des parents qui avaient contribué à la construction du bâtiment scolaire. « Il y a eu une grande démoralisation chez les apprenants et chez les parents qui avaient construit ce bâtiment. Il manque des bancs et des fournitures scolaires, les tableaux sont cassés, ce qui ne favorise pas un bon apprentissage. Cela fait déjà environ quatre ans que ces trois salles de classe sont dans cet état. Nous demandons aux organisations qui interviennent dans l’éducation de nous venir en aide », témoigne un responsable de l’école. Face à cette situation, les enseignants ont été contraints de regrouper les élèves de trois classes détruites dans une église protestante de la CEPAC. Cette solution provisoire, bien que salutaire, ne permet pas de garantir de bonnes conditions d’apprentissage, surtout pendant la période pluvieuse. La situation affecte également d’autres écoles de la zone, notamment celles de Ruvumu, Mutovu, Kavumu, Rutakara et Rusayo. Les enseignants éprouvent d’énormes difficultés à encadrer correctement les élèves. Lors de la destruction des bâtiments scolaires, plusieurs matériels didactiques et manuels scolaires ont été emportés par des personnes inconnues. Privés de supports pédagogiques essentiels, les enseignants se voient obligés d’utiliser d’anciens cahiers des années précédentes pour continuer à dispenser les cours et éviter de désorienter les élèves. Cependant, le manque de manuels scolaires et d’outils didactiques risque d’avoir un impact négatif sur la qualité de léducation et sur l’avenir de ces enfants. Les acteurs éducatifs craignent que ces conditions précaires n’entraînent une baisse du niveau scolaire des apprenants et n’affectent leur réussite dans les classes supérieures. La situation de l’Ecole primaire Rusayo illustre les difficultés auxquelles font face plusieurs établissements scolaires dans la région de Rutshuru. Entre infrastructures détruites, manque de matériel didactique et conditions d’apprentissage inadaptées, enseignants et élèves continuent de lutter pour maintenir l’éducation en vie. Face à cette réalité, les responsables de cette école lancent un appel pressant aux organisations humanitaires et aux partenaires du secteur éducatif afin qu’ils apportent un appui pour la reconstruction des salles de classe et la fourniture de matériel scolaire. Une intervention rapide pourrait redonner espoir aux élèves et garantir leur droit fondamental à une éducation de qualité. André Sadiki Baraturwango