Rutshuru : une saison agricole contrastée à Kahunga, entre pluies dévastatrices et chute des prix

La saison agricole, qui vient de s’achever, n’a pas été globalement favorable aux agriculteurs de Kahunga, situé au nord de la cité de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru. C’est ce qu’ont confié mardi 06 janvier 2026, plusieurs producteurs agricoles à la rédaction de Habari za Mahali.

Selon ces agriculteurs, les fortes pluies accompagnées de grêles enregistrées au mois de septembre 2025, ont fortement perturbé le déroulement normal de la saison culturale, causant d’importantes pertes dans les champs, notamment de maïs et de haricots.

« Pour cette saison, nous devrions avoir une bonne récolte, mais malheureusement, la pluie diluvienne a détruit nos plantes. Que ce soit le maïs ou les haricots, tout a été endommagé », témoigne un agriculteur de Kahunga.

Dans les localités de Kahunga et Kalindi, plusieurs producteurs confirment avoir été touchés par ces pluies diluviennes, qui ont réduit les rendements agricoles. Certains affirment que, pour cette saison, les récoltes ont été nettement inférieures à celles de l’année précédente.

« Celui qui a semé un sac de haricots, n’a récolté qu’un demi-sac. C’est la même situation pour le maïs », explique un autre cultivateur.

Cependant, un autre groupe d’agriculteurs, notamment ceux dont les champs se trouvent à la périphérie de la cité de Kiwanja, dresse un bilan différent. Ces derniers se réjouissent d’une production relativement satisfaisante, mais déplorent la chute drastique des prix des produits agricoles sur les marchés locaux.

« L’année passée, nos champs ont bien produit et cette saison s’est bien déroulée, mais nos produits n’ont aucune valeur sur le marché », regrette un producteur.

Cette surabondance relative de produits agricoles a entraîné une baisse significative des prix, rendant difficile la rentabilisation du travail des agriculteurs.

« Tout le monde a récolté quelque chose, mais le problème est que les produits sont moins chers. Par exemple, une mesurette se vend à 1 000 francs congolais. Nous ne savons plus quoi faire, nous demandons l’aide des autorités », plaide un agriculteur.

Face à cette situation, les producteurs de Kahunga appellent les autorités locales et provinciales à mettre en place des mécanismes de soutien, notamment pour la stabilisation des prix et l’accompagnement des agriculteurs victimes des aléas climatiques, afin de préserver la sécurité alimentaire pour les ménages ruraux de la région.

Prosper Buhuru

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