Sake : l’Examen d’État au milieu des ruines et de l’incertitude

En prélude de l’Examen d’État, édition 2026, plusieurs écoles secondaires de la cité de Sake, en groupement Kamuronza, territoire de Masisi vivent une période décisive.

Entre révisions intensives et incertitudes liées à un contexte socio-économique difficile, les élèves finalistes oscillent entre détermination et découragement. La guerre qui secoue la région continue d’impacter profondément le parcours scolaire de nombreux jeunes.

Dans les salles de classe de Sake, deux réalités coexistent. D’un côté, des élèves déterminés à obtenir leur diplôme d’État malgré les difficultés. De l’autre, un phénomène inquiétant : l’abandon progressif des bancs scolaires. La précarité économique, exacerbée par les conflits armés, contraint plusieurs familles à retirer leurs enfants de l’école.

À l’Institut Kibona, la situation est révélatrice. Sur 72 élèves inscrits en début d’année, seuls 60 poursuivent encore les cours. Le préfet des études, James Mapenzi Wabo, explique cette déperdition par le manque de moyens des parents, durement touchés par la crise. Il appelle toutefois à la résilience, exhortant les élèves à persévérer et les parents à continuer de soutenir leurs enfants, malgré les difficultés.

Le constat est similaire à l’Institut Matcha, où le préfet Lukonge Mirimo évoque une responsabilité partagée. Si l’établissement a choisi de maintenir les élèves malgré les impayés, il regrette le manque de persévérance de certaines familles qui finissent par abandonner l’éducation de leurs enfants.

Par ailleurs, la fermeture de plusieurs banques et institutions de microfinance complique davantage la situation. Les paiements des frais scolaires deviennent difficiles, fragilisant encore plus les écoles. Au Complexe Scolaire Saint-Damien, la direction reconnaît vivre cette même précarité, mais continue d’encourager les élèves à rester assidus et concentrés sur leurs études.

Malgré ce contexte difficile, les échéances approchent. Les épreuves hors-session débuteront le 4 mai 2026 avec la dissertation, tandis que la session ordinaire est prévue du 22 au 25 juin. Pour les finalistes, ces deux semaines restantes constituent une étape cruciale dans leur parcours.

À Sake, l’éducation se poursuit tant bien que mal dans un environnement marqué par l’instabilité. Entre abandon contraint et volonté de réussir, les élèves finalistes font face à une réalité complexe qui met à l’épreuve leur résilience.

À l’aube des examens d’État, leur détermination reste un symbole d’espoir dans une région en quête de stabilité, où l’école demeure plus que jamais un levier essentiel pour l’avenir.

Faustin Balezi

Related posts

Masisi : 59 écoles réhabilitées grâce au projet « Education can not wait » de War Child et l’UNICEF

Goma : l’Institut Faraja perd trois salles de classe, les cours perturbés

Goma : ces femmes qui façonnent la petite enfance dès la maternelle