Plus de sept écoles primaires et secondaires des axes Muhondo, Shoa, Kazinga et Miyano ont été contraintes de quitter leurs milieux d’origine pour s’installer temporairement à Masisi-centre au cours de l’année scolaire 2026-2027. Ces établissements font désormais face à plusieurs difficultés, notamment le manque de fournitures scolaires, l’insuffisance des salles de classe et les problèmes d’adaptation au nouveau milieu.
À Masisi-centre, certaines écoles délocalisées tentent tant bien que mal de poursuivre les enseignements malgré des conditions difficiles. C’est notamment le cas de l’Institut Shukurani, délocalisé du village Muhondo. Dans l’une des salles de classe de cette institution, élèves déplacés et enseignants poursuivent les cours avec détermination. Depuis le 1er septembre dernier, l’école fonctionne dans les locaux de la cantine de l’église catholique Mater Dei.
Selon Sadiki Ngamije Claude, préfet de cette institution, l’établissement fonctionnait auparavant dans le village de Muhondo, situé dans la localité de Mwendabandu, en groupement Biiri. Face à la dégradation de la situation sécuritaire, l’école a été contrainte de se déplacer vers Masisi-centre.
« L’Institut Kilambo fonctionnait au village Muhondo, situé dans la localité de Mwendabandu, en groupement Biiri. Mais nous fonctionnons actuellement dans la cantine de l’église catholique Mater Dei suite à l’instabilité sécuritaire dans notre milieu. Nous avons eu la chance de trouver huit salles qui sont opérationnelles au lieu de douze que compte notre école », explique le responsable.
Cette délocalisation a entraîné la perte ou la destruction de plusieurs biens scolaires. Le matériel didactique, les manuels ainsi que certaines fournitures de bureau sont restés dans le milieu d’origine, où certains biens ont été pillés pendant les hostilités.
« Les défis sont énormes. Les élèves et les enseignants, nous nous sommes tous déplacés en laissant derrière nous nos objets. Nos manuels et autres fournitures de bureau ont été cambriolés pendant les hostilités. Certains élèves arrivent même sans uniforme, car les parents sont vulnérables. Nous sommes obligés de les tolérer. Même pour trouver des craies, nous sommes contraints de nous endetter », témoigne Sadiki Ngamije Claude.
Malgré ces difficultés, le personnel enseignant et les élèves continuent les activités scolaires dans l’espoir d’une amélioration de leur situation. Le responsable de l’établissement lance toutefois un appel aux autorités éducatives, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté afin qu’un appui soit apporté à ces écoles délocalisées.
« Que les autorités éducatives et les partenaires nous viennent en aide, car nous fonctionnons dans des conditions difficiles », plaide-t-il.
Plusieurs autres établissements scolaires sont également concernés par cette situation. Parmi les écoles délocalisées à Masisi-centre figurent notamment l’Institut Ngesha, l’Institut Miyano et l’EP 3 Kilambo. Ces établissements tentent de maintenir leurs activités malgré les multiples difficultés liées à leur déplacement forcé.
La délocalisation des écoles constitue une conséquence supplémentaire de l’instabilité sécuritaire dans le territoire de Masisi. Alors que les élèves et les enseignants tentent de poursuivre leur parcours scolaire loin de leurs milieux d’origine, le manque de matériel, d’infrastructures et de fournitures scolaires fragilise davantage les conditions d’apprentissage.
Un soutien des autorités et des partenaires éducatifs et humanitaires apparaît nécessaire pour permettre à ces établissements de fonctionner dans de meilleures conditions et garantir la continuité de l’éducation des enfants affectés par les déplacements.
Samuel Lukuli
