Dans le territoire de Rutshuru, particulièrement dans le groupement Bukoma, les producteurs de maïs sont confrontés à une nouvelle menace pour leurs cultures. La chenille légionnaire attaque plusieurs champs, endommageant les feuilles et fragilisant progressivement les plants. Dépourvus de moyens suffisants pour lutter efficacement contre ce ravageur, certains cultivateurs redoutent d’importantes pertes au moment de la récolte.
Dans plusieurs champs de maïs visités dans le groupement Bukoma, les signes des attaques sont visibles. Les feuilles de certaines plantules sont trouées, tandis que d’autres sont complètement dévorées. Certains plants commencent déjà à dépérir sous l’effet des attaques.
Selon les cultivateurs, la situation s’est aggravée après l’apparition d’une période de forte chaleur. Ils affirment avoir constaté les premières attaques au mois d’août, peu après les semis.
« C’est depuis l’apparition de la canicule que ces chenilles ont commencé à attaquer les plantes, beaucoup plus les plants de maïs. C’est depuis le mois d’août, après le semis, que la canicule est apparue et c’est à ce moment-là que les chenilles légionnaires ont attaqué les cultures », témoigne un cultivateur.
Pour tenter de limiter les dégâts, certains agriculteurs cherchent à se procurer des produits phytosanitaires. Mais le coût élevé de ces produits constitue un obstacle majeur pour les petits producteurs.
« Nous sommes en train d’aller chercher les produits chimiques, mais ils sont très chers et nous n’avons pas les moyens. Nous laissons les cultures être abîmées et nous n’espérons plus rien lors de la récolte », déplore un autre cultivateur.
Face à cette situation, les spécialistes recommandent de ne pas miser uniquement sur les traitements chimiques. Une surveillance régulière des champs permet notamment de détecter rapidement les premières attaques et d’intervenir avant que les dégâts ne deviennent importants.
D’autres méthodes peuvent également être envisagées, notamment la lutte mécanique, certaines pratiques physiques et, lorsque cela s’avère nécessaire, l’utilisation raisonnée de pesticides adaptés.
Moïse Mbokani explique : « Il y a trois méthodes pour lutter contre ces chenilles légionnaires. Premièrement, la lutte mécanique : on passe dans le champ pour tuer ces chenilles avec la main. Deuxièmement, la lutte physique : on prend du sable et on le met au cœur du plant de maïs ; avec ce sable, les chenilles sont étouffées et meurent. Troisièmement, il y a la lutte chimique, qui consiste à utiliser des pesticides ».
Pour les producteurs de maïs du groupement Bukoma, la priorité est désormais de protéger les plants encore épargnés et de limiter la propagation de la chenille légionnaire. Face au coût des produits phytosanitaires et à l’ampleur des dégâts déjà enregistrés, ils appellent à un accompagnement technique et matériel afin de préserver leurs cultures et leurs prochaines récoltes.
Sophie Mavuta
