À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, un atelier de menuiserie est devenu un espace d’apprentissage et d’espoir pour des jeunes sourds déplacés par la guerre. Privés de la possibilité de poursuivre leur vie normalement dans leurs milieux d’origine, ces jeunes apprennent un métier qui pourrait leur permettre de retrouver progressivement leur autonomie. Mais l’insuffisance des moyens matériels constitue un obstacle à l’accueil d’un plus grand nombre d’apprenants.
Dans cet atelier de menuiserie, le silence contraste avec le bruit habituel des outils. Pourtant, derrière ce silence se trouve une forte volonté de reconstruire l’avenir. Plusieurs jeunes sourds déplacés y apprennent les techniques de la menuiserie, dans l’espoir de pouvoir un jour exercer ce métier et subvenir à leurs besoins.
Thierry, l’un des jeunes apprenants, raconte avoir été contraint de quitter son village de Bwito à cause de la guerre avant de passer par Goma. Il a finalement trouvé refuge dans cet atelier de Kiwanja, où il s’est engagé dans l’apprentissage de la menuiserie.
Thierry et ses deux frères ne sont cependant pas les seuls jeunes sourds déplacés à manifester leur intérêt pour cette formation. D’autres jeunes, notamment ceux venus de Kibirizi, dans la chefferie de Bwito, souhaitent également intégrer l’atelier afin d’apprendre un métier.
Patrick Syauswa, responsable de l’atelier, se réjouit de l’engagement des jeunes sourds qu’il encadre actuellement. Mais il déplore le manque de moyens matériels qui l’empêche d’accueillir une dizaine d’autres jeunes sourds désireux d’apprendre la menuiserie.
Selon lui, un appui supplémentaire permettrait d’améliorer les conditions de formation et d’offrir à davantage de jeunes déplacés la possibilité d’acquérir une compétence professionnelle. À quelques pas de l’atelier, des jeunes filles sourdes témoignent également de leur volonté de participer à cette dynamique de résilience. Elles souhaitent, elles aussi, apprendre un métier et contribuer à leur propre autonomisation.
À Kiwanja, l’apprentissage de la menuiserie apparaît ainsi comme un véritable outil de résilience pour les jeunes sourds déplacés par la guerre. Malgré les difficultés matérielles, leur détermination témoigne d’une volonté de reconstruire leur avenir par le travail et la formation professionnelle. Un soutien accru aux initiatives de ce genre pourrait permettre à davantage de jeunes en situation de handicap et déplacés de guerre de retrouver leur autonomie et leur dignité.
Amara Nzeesi
